‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 122 sur 158 · LE PROCUREUR · texte numérisé non relu

LE PROCUREUR

Has! dame Jehanne, ce n'est riens :

Ce que avons fait snfiist pas;

Plus {jrant chose vous appartient

Cent mille foiz, ne doubtez pas. i'i,'i3.'>

Et qu'i vous plust que voslre cas

Fust avecques nous demeurer,

En ceste ville hault et bas,

Nous le vous vouldrons délivrer.

Il' BOURGEOIS.

Plaise pardonner la dolTaulte xUMho

Que envers vous avons mesprise, Dont à vous, personne très haulte.

N'avons pas la chose premise 1° 3Gi \°. Qui vous appartenoit, et mise.

Pour vous servir comme devions; i '4,44.5

Dont en ce que avons mesprise, Dame, si vous plaist, l'amendrons.

LA PUCELLE

Mes amis, y sufïist assez;

Je me tiens bien contant de vous.

De présent vous vueil delesser, l'i.iSo

Mes vous reviendray voir bien toust.

Soyez tousjours courtois et doux,

Envers vostre roy bien servir,

Dieu vous gardera, n'ayez poux,

De tous niaulx et de tous periz. ihMô

Lors iey y a pause. — Et puis dit :

Vous, messeigneurs en gênerai, D'avecques vous me fauU partir.

Et devers le bon Roy loyal Aller me convient, sans faillir,

Que certainement je désir i'''i6o

Acomplir mon intencion, Luy faisant service et plaisir De toute mon affection.

Vous, monseigneur Bastard d'Orléans.

Je vous remercie de l'onneur i '1,465

Que vous m'avez fait en tous sens.

F" 365 r". A moy de petite valeur.

Tant que je vivray, de bon cueur

Vous feray service et plaisir,

A mon povoir, mon cbier seigneui-. 1/1,670

De ce que vous pourray servir.

Vous tous autres, mes bons seigneurs.

Pareillement vous remercye

De voz plaisirs, de voz honneurs

Et de vostre grant courtoisie, ' ^''^'n'-'

Qu'é eue en vostre compaignie

Durant le fait de ceste guerre.

Priant à Dieu, le fdz Marie,

Que son royaulme puissiez acquerre.

A vous tous je vous dy à Dieu; i'i,48o

Pour le présent m'en vueil aller.

Je vous lairay tous en ce lieu,

Fors ceulx que je vueil emmener,

S'y leur plaist de me convoyer

Tant que devers le Roy je soye, ,4,/,8r,

A qui je vueil ung peu parier

Et luy donner conl'ort et joye.

Si est le baron de Golunces;

Viendra avecq moy, si luy plaist.

De par moy luy prie et dénonces ,h,fH)o

()ue luy et ses gens soient prest,

Avecques le sire de Rais, »

Se c'est son plaisir y venir.

Je les en supplie par exprest

Compaignie me veullent tenir. i^./igs

Mes gens aussi pareillement

Je meneray avecques moy.

Sans plus demeurer longuement, .

Aller je vueil devers le Roy,

Que, tout ainsi comme je croy, i/i,5oo

Y désire fort ma venue,

(Jue couronné sera sans delay,

En bref tans, sans longue atendue.

LE BASTARD D'ORLEANS

Dame Jehanne, fort nous desplaist

Dont vous faictes département; i/i,5o5

Que vostre personne nous plaist

Que nulle sous le firmament.

Nostre voloir et pencement

Si est faire selon voz dis.

Vous obeyr entièrement i6,5io

A vostre voloir et advis.

LE SIRE DE GRAVILLE

Dame, se c'est vostre plaisir

56i LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

De vous tenir avecques nous, Il n'est nul de nous, sans mentir.

Qui ne vueille obbeyr à vous. i'i,5i5

Vous estes nostre seul recoux, Vous estes tout nostre espérance, p 3G6 r°. Qu'il n'est nul, sachez, de nous tous

Qui ne face à vostre plaisance.

LA HIRE

Dame de très haulte excellence, i '1,530

\ ous estes la protection,

La sauve garde et providence.

Des François la redenipcion.

Par quoy doit estre moncion

De vous et de voz nobles fais, i4,5a.)

Et à tout temps relacion ,

De vous mémoire à tousjours mes.

FLEURANT D'ILLIERS

Jehanne, se c'est vostre plaisir,

Avecques vous nous en yrons,

Pour compaignie vous tenir, ii,53o

Ainsi que faire le devons,

Et comme faire le volons.

Si n'espargnez nul qui que soit.

Que nous tous vous obbeyrons

En tous voz faiz, comment qui soit. 1 '1,535

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