‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 129 sur 158 · MESSIRE GUILLAUME · texte numérisé non relu

MESSIRE GUILLAUME

\ nous convient ainsi le faire,

Et est bien expédiant

De nous aller mesbuit retraire. 15,730

MESSIRE JEHAN

Y nous convient ainsi le faire,

Que demain nous tandrons frontière Et main armée à tous venant.

MESSIRE ALIXANDRE

Y nous convient ainsi le faire,

Et est bien expédient. > 13,7.35

Adont icy y a pause de trompetes longue. — Et doit venir l.i l'ucelle F" 393 i". armée, son estandart, ses gens. Et puis se assembleront tous les seigneurs devant elle, tous armez et en point. Puis dit

LA PUCELLE

Messeigneurs et mes bons amis, 0\i j'é en vous mon espoir mis,

Vous voyez ci l'eiire venue Qu'il est bien tant, ce m'est ad vis, A aller vers nez anemis 13,7/10

()ui ont trop la terre tenue De France, gastée et polue La substance et revenue Où il n'ont nul droit nullement.

Si convient qu'elle soit rendue 15,7^5

Au bon roy à qui elle est deue, Et non à aultre vrayement.

Donques, s'i vous plaist, partirons, Et tous ensemble nous yrons

A Jargueau bailler ung assault, i5.7.')o

El, se Dieu plaist, tant y serons Que par nous confonduz seront:

Car estre fait ainsi se fault.

Que d'Anglois n'est si grant ne hault A qui on ne baille l'assault, 15,755

Ou y partiront de la terre.

Combien qui soyent soutilz et caulx.

F' 39.3 \°. Avant trois jours, se je ne fault,

Leur feray lesser la déferre.

Vous savez, nous sommes puissans, 15.760

Nombrez huit mille conibatans, Qui est fort belle compaignie; Et croy que sommes tous vaillans Pour faire comme il appartient,

Et que nuluy n'y fauldra mie. 15,705

Si devons bien à chère lye.

De bonne volante hardye, Y aller, comme il est raison.

En deffendant la seigneurie, La noble fleur de lis jolie 15,770

Qui est de si noble maison.

Si vous supply tant que je puis Que de vaillant cueur et hardis Nous y aillons trestous ensemble, Ce samedi gay et jolis 13.77^

Que le temps est bel et rassis, Et pour y besoigner, ce me semble, En si belle armée noble et ample Que il n'est Anglois qui ne tramble Quant parler veulient de noz faiz. 15,780

Dont, pour deflendre l'oriflambe, Faisons que chascun s'i assemble Pour ces Anglois estre deffaiz.

Ce jourd'uy, qui est xn'^"'^

De ce mois de juing proprement, 15,785

Nous povons venir à nostre esme Pour besoigner vertueusement.

F- Sgi r'. Duc d'AlansoH , premièrement,

S'i vous piaist, la première armée

Ovec voz gens entièrement 10,790

Vous conduisez, s'i vous agrée.

Et pour la seconde assemblée

Sera le conte de Vendosme,

Noble et vadlant portant espée

Autant que nul qui soit en somme; - 15,795

Et lequel n'espargnera homme,

Tant soit d vaillant ou hardi,

Que de proesse on le renomme :

A tous je l'airerme et le di.

Vous après, le Bastard d'Orléans, i5,8oo

Et le mareschal de Suaire,

Vous serez vous deux quant et quant.

Et ne serez guiere derrière.

Lahire, qui a bonne chiere,

Vous suyvra et Fleurant d'IUiers. i5,8o5

Jamet du TiHay et son frère,

Thudual yront volantiers.

Et au regart de ma personne

Ne de mes gens, ne doublez point

Que nous serons en la besoigne, 1 5,810

Et des premiers ne f'auldrons point.

Dont, s'i vous plaist l'aire ce point

Et acomplir ceste ordonnance.

Je croy bien que de point en point

Parvendrons à nostre audience. 15,815

p 39/1 \°. DUC D'ALANSON.

Jehanne, de rien n'ayez doubtance.

Que bien m'estes recommandée;

Faire veil à vostre plaisance

Et ainsi que avez ordonné.

Par vous sera conduit l'armée, 15,820

Et cliascun vous obbayra :

Vostre puissance est esprouvée;

Nul de nous ne vous dédira.

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