LA GUETTE
Messeigneurs, je suis bien certin Que ce sont François voirement.
Et viennent à nous pour hutin
A nous donner aucunement, '■■j,9''â
Que y cheraynent rondement Droit ci et en grant ordonnance.
F' hkii r°. Armez vous tous, que prestement
Les verrez icy en presance.
LE MISTERE DU SIEGE DORLEAiNS. G89
Lors icy marcheront les François près de la bastille de leur poul de Meung. El alors les Angiois de dedans cryront tous ensemble à l'arme! Et y viendront ceulx de la ville tous armez aveques ceulx du l)ouloart du [)ont. Puis dit
LA PL'CELLE
Messeigneiirs, je voy là devant 17.9.50
Au bout du pont la bastille.
Et Angiois qui sont là dedans;
Si fault aller vois leur setille.
Que chascun soit pront et abille
Pour ung assault leur présenter 174,55
De coraige et de ceur agille,
Et ne veillez de rien doubter.
ALANSON.
Je vois l'assault exécuter Moy et mes gens, sans plus atandre.
Du premier je m'y veil bouter, . 17,9(50
F' 444 v". Et à ferir je veil entandre,
Que tous les feray pendre, ou rendre
Le pont et la ville de Meung,
Ou ainsi que je puis comprandre
D'Anglois il n'en n'escbappera ung. . 17,965
.\dont icy y a pause de trompetes. — Et tous les François assauldront ledit boulouart des .\nglois, de lances, haches, canons et artillerie à grant force. Et ceulx de dedans se deffendront vaillamment et tiendront longuement, et y aura grant fait d'armes les ungs contre les autres. Et enfin les François par eschelles monteront dedans la bastille et tueront les Angiois, réservé que plusieurs se retrayront en la ville du dit Meung et fermeront leurs portes sur eulx. Pui.', dit
LA PUCELLE
Çà, messeigneurs, la merci Dieu, Nous avons guangné ceste place,
F" 'i'i3 r°. Qui esloit pour ung petit lieu
Fortiffiée par grant odasse.
Si veil que on la delarasse i7'97"
Sans y lesser riens que la terre, Afin que désormais plus trasse DAnglois n'y puisse riens conquerre.
Plusieurs nous avons mis à mort
Qui nous avoient donné paine i7'975
Et deiïenduz s'estoient fort, Ainsi que c'est chose certaine; Lesquieux pensoient leur demaine
Y faire à tousjours demourance.
Mes a esté leur pencée vaine, i7'98«
Mis en ruyne et décadence.
Plus ne nous fault arrester ci,
Mes fault en especial
Faire que ayons Baugenci,
Qui est tout nostre principal, • n^9^^
Que pour ung bien peu de travail
Recouvrons Meung, quant nous voudrons:
Et seront les Anglois bien mal
Ce Baugenci avoir povons.
Demain nous fault au point du jour 17.990
Y estre à leurs portes ouvrant.
Sans plus faire ci de cejour Ne arrester ne tant ne quant.
Nous les trouverrons tous dormant
Pù/i5v'. Quant viendra à bailler l'assaull. >i-w->
Qu'i ne sauront quoy ne commieiit On les aura pris en sursault.
ALANSON.
Dame Jehanne, à vostre plaisir
LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS. G01
La chose sera acomplie,
Et quant il vous plaisa partir 18,00.)
Tous vous suyvrons, n'en doubtez mie.
Vous compagnerons à chère lie,
Que tout vostre voloir volons,
Et par voz diz, ma belle amie,
Tout ceste armée nous conduirons. i8,oo5
VENDOSME
Fille, ne croyez autrement
Que vostre voloir sera fait,
Et acomply entièrement
De coraige et de cueur parfait.
V'ous avez conduit cet expiait 18,010
Contre le pont de Meung sans doubte,
Que bien peu d'eulx en est retrait,
Au mains est demeuré leur rotte.
BASTARD D'ORLEANS
F'iûiii'. Y leur devra bien souvenir
Du .XV*. jour de juing 18.01.'.
Désormais le temps advenir,
Qu'il ont perdu le pont de Meung,
Et n'en est pas réchappé ung
Que n'aye esté à l'espée.
Fors ung bien petit de commung 'S.oao
Qui ont la ville recouvrée.
LE SIRE DE LAVAL
Y convient que leur bastille
Soit ruée et mise par terre,
Qu'i ne demeure que la ville.
Laquelle nous reviendrons quei're, li^.o^r,
Et de partir sans plus enquerre Geste nuyt sans atandre plus; Puis demain penserons aquerre Baugenci et le mectre jus.
LOHEAT.
J'en suis de ceste oppinion, i8,o3o
Et n'en devons point différer.
¥°itU6\°. Nostre oust si est en unyon
En coraige et délibérez; Par quoy devons persévérer
Allencontre toute personne, i8,o35
Et ne devons rien espargner Quant l'eur de fortune nous donne.
LE SIRE DE GRA VILLE
Pour ung Lien peu se reposer
Me semble que ce seroit le mieux,
Sans vouloir le barnois poser j8,o4o
Ne delesser jeunes ne vieux.
D'ici là deux petites lieux ;
Mes que soyons au point du jour
Tous fraiz, puissans et vertueux.
Heure sera de bailler l'estour. i8,o4.=i