LE CAPPITAINE DE BAUGENCI
A voz dis très bien je conclus,
F' .'jôi v°. Et congnois qu'il est bon ce faire. j8,a55
Diligemment, sans tarder plus, Devons ceste cliose parfaire; Que il est tout cler et notoire De ce ne nous peut mal venir.
Mais à François grant vitupère 18,360
Pour les faire perdre et finir.
S"i vous plaisoit, vous seneschal.
De ceste besoigne conduire, Vous congiioissez en gênerai
Comment et ce peut bien produire, 18,265
Et estes aussi pour eslire Ceulx qui seront pour ceci faire, Leur remonstrer et introduire Ainsi que ce devra parfaire.
Prenez des gens aveques vous. 18,270
Et tous desquieux que vous voudrez.
Sans espargner nul de nous tous, Vous prient que vous choisissiez Pour les conduire et adresier,
S'i vous plaist en prandre la charge, 18,275
Et le plus toust vous embucher :
Me semble que on fera que sage.
DUC DE SOMBRESET.
Capitaine, vous dictes bien, 11 est ad ce faire propice;
Bailler luy fault sur toute rien i8,a8o
F° 65= r°. (jeste besoigne et ceste office.
Si luy plaist, fera ce service Et de luy en sera memoii'e.
Que par son art et artifice Aura aquis renon et gloire. 18,285
FOUQIJAMBERGE.
S'i VOUS plaist, l'aides diligence,
Seneschal, cl prenez des gens
Des meilleurs à vostre plaisance
Et à ce faire suflisaas.
Puis, saudrez quant y sera temps, iS.ago
Quant ce viendra à l'escarmoche,
Et donnez hardiment dedans
Tellement que n'ayez reproche.
Si le faictes secrètement
Es François ne soit rapporté; iS.agS
Que, s'i le savoient nullement,
Tout nostre cas seroit gasté.
Et ne serions en seureté ;
Que ad ce y remedisoient,
Et tumberions en neccessité i8,:Jûo
Peut estre par aucunes voyent.
LE SENESCHAL
Messeigneurs, pour vous je leroye Le possible certainement, F'iSav'. Et voz dis acomplir voudroye,
Si je savoye aucunement: i8,3o5
Mes ce fait, ne puis bonnement
Le parfaii'e ni acomplir,
Ne ne pourrai suffisamment
A un si grant fait parvenir.
Si me pardonnerez, je vous prie, i8,3io
Et à aultre baillez la charge,
Que ma personne si n'est mie
Pour conduire un tel ouvrage.
702 LE MISTERE DU SIEGE D'OULEANS.
Y fault que ce soit homme sage,
Bien entendu en fait de guerre, i8,;iir)
Et qui aultre foiz tel passage
A passé : ung tel devez querre.
Mes très bien pour luy ayder
El de bon ceur le secourir,
Du tout m'y veil abandonner, i8,32u
Et très volantiers le servir.
Si ne me veillez requérir
Que moy seul en preigne le fait,
Mes vous, seigneurs; que pour morir
Je ne le feroye jaymès. 18,32.".
CAPPITAINE BAUGENCY.
Et vous le ferez, si vous plaist.
Ne plus à autre n'en parlerons.
Vous estes esleu par exprest F° 6r)3 r°. Et de tous les seigneurs qui sont;
Que en vous du tout nous fions, 18.3.B0
Ne à autre bailler la charge.
Si ne nous escondissez dont Kt le faictes de bon corage.
LE SIRE HONGREFORT.
Monseigneur, vous le devez faire
Et n'en devez point difî'erer. i8.33ri
Faictes, et vous allez retraire,
Et prenez de nos gens assez.
Il est temps de s'en despescher,
Et n'y faictes plus de séjour,
Que vous y soyez embuchez i8,34o
Dès demain, comme au point du jour.
LE SENESCIIAL.
Messeigneurs, puisque le voloir, Je n'y saroye contredire; J'en feray volantiers devoir
Puisque m'avez volu eslire. i8.345
Si voudroye, pour le voir dire.
Que ung autre y eussiez commis:
Mes je ne veil nului dédire, F° i:)3 \". Je raconq)liray, se je puis.
Je m'en voys donques de présent i8,35o
Pour ordonner de ceste armée; Mais, pour Dieu, qu'elle soit celiée! Dommaige y pouroit avoir grent.