LE SIRE DE SAINTRAILLES
J'en suis bien de l'opinion
Que A'ous y devez envoyer
De jjens de bien, il est raison,
Incontinant, sans délayer;
Qui luy plaise vous soulayer
Allencontre des anemis,
Qui veullent ainsi ebalangier :■•-*''•''
Son royauliae, le noble pays.
POTON
Pour y envoyer, je conseille
Seullement bourgeois de la ville .
Desquelz qui vouldront si traveille ^
De leur cbainbre et leur domicilie, ' 3-2.')o
Ce qui congnoistront estre utille.
A eulx nous nous en rapportons: •
Qui soient expcrs et habille.
Pour faire les conclusions.
LE SIRE DE COURAS
Messeigneurs, les bourgeois yront: 3tj55
C'est raison et le fait leur touche, Et au roy Charles parleront Eux mesmes, à sa propre bouche:
F'8i y". Et adfin que n'ayent reprouche.
Le temps advenir, de nulluy, •^^'io
' Estoquer. frapper d'estoc. ' Lhei Iraveilleni . liavaillenl.
* Le feuillet So est en blanc.
^ convient poursuivre la soche Et fondement par iceluy.
LE SIRE DE GUITRÏ
Entre vous, messeigneurs d'Orleaiis.
Envoyez y qui vous vouldrez;
Vous estes saiges et savans 3265
Pour en très bien disposer.
Du fait de la guerre savez,
11 ne vous en faut jà riens dire,
Là y viellez dont envoyer
Au Roy nostre souverain sire. a-^to
LE RECEVEUR
Messeigneurs, nous y envoyrons
De la ville de gens de bien.
Qui très bien faire le sauront
Le voyaige, sur toute rien.
Ce pendant, comme je so,ustien, 327.0
Penserons au fait de la guerre,
Pour trouver la voye et moyen
Les bouter hors de nostre teri'e.
Puis Hira à deux des eschevins de la ville illec presens ce qui s'ensuit : F° «9 r". LE RECEVEUR.
Gà, messeigneurs, y vous convient
Aller vous deux devers le Roy, 3280
Le plus toust et incontinent
Que vous pourrez et sans delay :
Luy remonstrant le grant desroy
Que font les Anglois cy devant.
Le soucy, la peine et l'esmoy 328,".
Que nous en souffrons de présent.
Vous luy prirez que y luy plaise
Nous envoyer, de bref, secours.
Que nous sommes en grant malaise,
.lour et nuyt, sans avoir repous. ^290
Pareillement, de noz fauxbours,
Qui sont beaux merveilleusement.
Et des églises à l'entour.
Qui convient mectre à finement.
Vous savez bien qu'il est de dire. 3-295
Allez, et faictes envers luy,
Comme nostre souverain sire.
Qui ne nous ait pas en oubly.
PREMIER BOURGEOIS
Vostre vouloir sera acomply.
Devers le Roy nous en irons . 33oo
Incontinent, et aujourd'uy.
Pour y aller, nous partirons.
F' 82 v°. LE II' BOURGEOIS. •
Puis qu'i vous plaist, acomplirons
Le veaige devers le Roy,
Au mieulx que faire le pourrons, .33o5
Vous asseure de bonne foy.
LE RECEVEUR
Dictes luy bien le grant esmoy.
En tous les jours, en quoy nous sommes.
De jour et de nuyt à l'elfroy.
Quant sommes en noz premiers sompnes. 33 10
Puis partiront. Pose. — Puis dit Glasidas :
Helas ! et Dieu et quel dommaige ' De nostre maistre Sallebry, Garny d'un si gentil coraige, Nul n'est qui appressast de luy !
En armes estoit fort hardy, nt:,
Le plus vaillant dessus la terre, Ne jamès prince ne nasquit Plus vaillant que luy d'Angleterre.
"Messeigneurs, y nous fault penser D'envoyer querre du secours, a.Sao
Que nous ne sommes pas assez F° 8.3 !•'. Pour hien tenir ce siège doux.
S'i vous plaist, vous en direz tous
Voz opinions en ce cas;
Que plusieurs ont deul et couroux 3.325
Dont Sallebry a pris trespas.
LE CONTE DE SUPPORT
Ce nous est deul et desplaisance
De Sallebry, lequel est mort;
(}u'il estoit tout nostre espérance
De nostre armée et le confort; 333o
Mais puisqu'ainsi, à droit ou tort,
Y nous convient en gré le prandre,
Tallebot est ung prince fort.
Mander le nous fault, sans atendre.
LE SIRE D'ESCALLES.
De messire Jehan Tallebot, 3335
Le convient bien envoyer querre; N'est nul qui saiche son trippot
H faut lire, sans doute, au lieu de et Dieu et quel dommaige j eh Dieu! eh quel, elc.
Mieiilx que luy, du fait de la guerre.
Mander luy convient à grant erre,
A Roan, je croy qu'i luy soit \ 33'i(.
Voire, jusques en Angleterre.
Se d'aventure il y estoit.
F° 83 V". MESSIRE JEHAN DE LA POLLE
Il luy fault mander voireraent.
Et comment Saliebry est mort,
(Juil avoit ung peu mataient^, s.'î.'iS
Et dont il regentoit si fort.
Et l'avoit comme en discort.
Pour ce que lieutenant estoit:
Luy sembloit bien avoir ce pori
Que l'onneur luy appartenoit. 335o
FOUQUAMBERGE.
Je le vy au deppartement De Roan, quant y luy requist-^ A Tallebot, honnestement, Que avecques nous y reusist; . Mais gueres de compte n'en fisl, 3355
Pour ce n'y veult onques venir, .le ne scay pourquoy y le fist.
Mais nous doit venir secourir.
LaCELOT DE LISLE.
.le vous vueil aussi advertir
De faire faire ung bouloart, 336o
Pour leur trait aussi retenir, K' 8i r . Et pour deffendre ceste part
■ Lisez qu'il y soit. ' Quand il y reqaist.
' Mataient, lisez mnltnlent.
Qui sera au droit de leur esgart,
Pour fortifiier noz Tourelles;
Partout nous fault avoir regart, 336r>
Et nous garder de leurs cautelles.
LE SIRE D'ESVREUX. *
Y le convient envoyer querre, Tout le plus toust que on pourra, Et autres seigneurs d'Eiigleterre,
En Normendie qu'on trouvera, 337t.
Pour les faire venir deçà, Aussi pour nostre oust solayer ' ; Puis leur cité on assauldra Incontinant, sans varier.
LE SIRE DE MOLINS
V luy fauit doncques envoyer 3375 Promptenient, sans atendre plus,
Si nous convient aussi penser
De nostre fait, quand au seurplus :
C'est que ung bouluart soit mis sus.
Pour noz Tourelles préserver 3.38o
De leur trait et de leur abus;
Sans cela, nous pourront grever.
E" «i v=. LE SIRE DE PONS.
Vous avez, vous tous, très bien dit,
Et le convient ainsi le faire.
Nous avons perdu Sallebry, 3385
Qui estoit tout nostre frontière,
Et pour vengier ce vitupère,
' Solayer, soulager.
AHencontre de ceulx d'Orléans,
En tous leurs lieux de deçà Loire
Je mectroye le feu dedans. ^h»
GLASIDAS.
11 n'y aura maison ne bourj; Que dedans le feu je ne boute, Leurs mestaieries, de bout en bout.
N'en lairay une seulle toute.
Leurs beaulx lieux seront mis en soute, .'iSgS
Sans y lesser riens que la terre.
Gompaignons, sus! en somme toute Allez, sans lesser une perriere.
Ainsi soit fait, sans plus atendre.
Ung bouloart icy devant, 'f'n'f
De fagoz, de terre et de cendre, Pour estre en seureté dedans Du trait qui pourroit survenir; Et soit fait en telle manière P° «5 i". Que de ceulx qui seront leans, S'joS
On ne leur puisse nul mal faire. Vous aussi, messagier, allez Au puissant conte Tallebot, Et ces lectres cy luy portez.
En luy en faisant le rapport ^ 3iio
De la très douloureuse mort Du vaillant conte Sallebry,- Qui, par ung maleureux sort.
Est mort. Dieu ait l'ame de luy !
Luy diras que nous luy prions 3'ii.5
Qu'i viengne et toute sa puissance, Et que besoing nous en avons De son ayde et pourvoyance.
Va, et fays grant diligence,
Et qu'il amené avec luy 34^0
Princes de son apartenance; Mestier en est pour le jour d'uy.
MESSAGIER
Monseigneur, auray acomply Vostre messaige incontinant.
Je m'y en voys, adieu vous dy, Sans ni'arrester ne tant ne quant.
3'ii
Puis partira et dit :
Je voy là je ne scay quelz gens, K" 85 V». Et croy que ce soient espyes.
Puis survient à iuy deux ou trois compaignons, les espées toutes nues sur luy; et dit