LE SIRE D'ESC.ALLES
Glasidas, et quelle contenance!
F° 77 >°- Qui a il de cryer ainsi?
l-i-2 LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.
GLASSIDAS
Helas! vous le voyez niurtry, Eh luy plus nous n'aurons fiance.
FOUQUAMBERGE.
Et comment? qui a fait cecy? 3ià5
GLASSIDAS
Helas! vous le voyez murtry.
LANCELOT DE LISLE
Vous parliez en présent à luy, Venu est en une instance.
GLASSIDAS
Helas! vous le voyez murtry,
En luy nous n'aurons plus tiance. S'Sc
C'est ung coup de malle meschance
De canon frappé au visaige.
LE BAILLY D'ESVREL'X.
Hé Dieu ! voicy grant desplaisance , Et à nous tous ung grant domiyaige.
. F" 78 r'. LE SIRE D'ESCALLES.
Ha! Sallebry, noble coraige, 3i55
Ta mort nous sera vendue chiere; James ung tel de ton paraige Ne se trouverra en frontière.
CONTE DE SUFFORT
Vous n'en devez cryer ne braire,
LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. m
Ne taire lanientacion, .fi'-i
Que les François, c'est chose voire,
En auront le cueur plus félon.
Qui sont nostres, se nous volons.
En mains de bailler un\t assault. .
Tenir secret, c'est la raison, ^iis.'i
Quilz en levroient le cueur plus hault.
CLASID.\S.
Ha! se ce cas ne fust venu,
Bien estoit son intencion
Qui n'eust esté gisant ne menu
Qu'i n'eust mis à destruction; '170
Et eust eu, sans remission,
Orléans qu'il avoit entrepris,
Sans nulle variacion,
Noble vaillant prince de pris!
LE SIRE D'ESCALLES.
Dont, puisqu'ainsi nous est mespris, 3170
F° 78 v". Si n'en fault il montrer semblant;
Nous donrions à nos anemis Le coraige cncores plus grant.
Anuyt, de nuyt\ sur l'estrant'-'
Le conviendra mener à Meung, SjSd
Et de le penser diligent.
Je vous empry, soit ung chascun.
FOUQUAMBERGE.
A Meung faut bien qu'il soit mené Le plus brief et plus celement.
' /lni/î/(, rfe ««î/(^ aujourdhui. (le nuit. ^ Estrant, estrain \^stramen), litière.
iti.
\-2fi LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.
Y luy sera mieulx ordonné 3i85
Qu'i ne seroit icy vrayement.
Qu'i soit mené honnestement.
Je vous empry, sans faire bruit.
Que les. François certainement
En meneroient grant joye et desduit. 3i()o
MESSIRE JEHAN DE LA PÔLLE
Aussi, je vous vueil advertir,
Hompre lault deux arclies du pont,
Que les François pourroient venir
A courrir àinous tout du lon<[.
Vous savez que traveillez sont siyri
Nos gens de ce bruit et tempeste;
Plus seurement s'en reposeront,
Sans en avoir mal en leur teste.
F" 79 r». • Le conte de SUPPORT.
Ainsi soit, qu'i soient rompuz,
Deux arches du pont promptemeiit; Saoo
Qu'i soit fait sans actendre plus.
Que nous en serons plus seurement.
Puis fault aussi diligamment
Mener le conte Sallebry
A Meung, le plus secrètement , 3.'.oD
Que on pourra, pour le jour d'uy.
Puis les Angloys romperont deux aixhes et mèneront eu une >entine ' le coule fie Sallebry à Meung bien tenu honnorablemenf d'orliers- et onienieui^. Et y ;i pause longue. — Et puis dit
' Senfine^, sorte de grand bateau en usage " Or/iers^ sans doute, oreillers.
■ o sur la Loire.
LE RECEVEUR
Messeigneurs, comme vous savez,
Les Anglois ont le siège mis;
Il y a douze jours passez,
Que cy devant nous ont assis; 3aio
Lesquelz ont- fait plusieurs saillies,
Et maint assault nous ont donné,
Que nous n'avons esté rassis.
Mais de guerroyer n'ont fine.
K*79 "'■ Je voy qu'il ont mauvais coraige, 33i.î
Et qu'ilz ont en ferme propoux De destruire nostre heritaige.»
Sans nous donner aucun repoux.
Si vous vueil dire devant tous
Qu'i seroit bon d'aller vers le Roy. Saao
Pour luy requerre du secours. Et luy remonstrer le desroy.
Pour ce en direz voz advis, Lesquelz seront pour y aller,
Et que du Roy nous soit permis SaaS
De desmolir et debriser Faubourgs, et églises brûler, Pour la seureté de la ville:
Qu'i luy plaise en disposer.
Pour garder nostre domicilie. SaSo
LE SIRE DE VILLARS
11 est bien raison y aller.
Et luy raconter les nouvelles,
De nostre estât luy en parler,
Et comment il ont les Tourelles:
Mais que, non pourtant, pour icelles 3235
32 'lO
Nous avons bonne intencion Que contre leur faulces querelles D'estocer^ fermes et tenir bon.