‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 53 sur 158 · V 118 V. LE ROY · texte numérisé non relu

V 118 V. LE ROY

J ay en vous fiance et faveur

Et en vostre grant hardiment. 4570

LE MISTERE DU STECE D'ORLEANS. i79

LE SIRE DE CHAUMONT

Sire l'oy, par vostre ordonnance,

Venu suis vers vous humblement,

Vous faisant toute obéissance.

Comme tenu suis vrayement,

Soit en guerre ou autrement. 1575

Je suis prest, moy et mes gens tous.

LE ROV.

Mandez vous ay premièrement.

Comme le plus me fiant en vous.

THEAULDE DE VALLEPAIGNE.

Chier sire, à vostre mandement

Suis venu pour vous obeyr, 'iSSu

Et tons mes gens entièrement,

Tous prest loyaument vous servir;

Ne n'avons nul autre désir

Que acomplir vostre plaisance.

LE m\.

De vous voir je prens grant plaisir, 'i585

Et me donnez resjouyssance.

F" ni r. LA HIlîE.

A VOUS suis venu , noble roy.

Pour vous servir de ma puissance,

Et tous mes gens, en bel arroy.

Vous les voyez cy en présence, 'iSgo

Esquelz ayez fei'me fiance.

Qui vous seront loyaulx et bons.

LE ROY

En vous j'ay parfaicte espérance Et en \oz gens, tous quant qui sont.

Messeigneurs, tous en gênerai, 'i^o»

Je vous remercye humblement, Comme, de bon cueur et loyal.

Vers moy venez présentement.

Je congnois véritablement

Que me volez bien et plaisir, '1600

Quant ainsi à mon mandement Vous estes venu sans faillir.

S'i vous plaist, en vostre présence.

Vous reciteray mou a lia ire.

Dont j'ay douleur et desplaisance, ''6o.t

Qui à chascun est tout notoire.

Vostre roy suis, c'est chose voire.

De France, par droit et raison ; Ne nul n'y doit estre contraire.

p iiii\°. Mais obeyr sans mesprison. i6io

Or, est il, et savez assez, Anglois ont voulu prandre terre, Et, en grant puissance amassez, Pour voloir mon pays conquerre.

Par force d'armes et de guerre, ^ idô

Si ont soubzmis la Normendie, Paris, Chartres tiennent en serre.

En mon royaulme et grant seigncui'ie.

Et de rechief si sont venuz

Devant Orléans, ma bonne ville. • i6ao

Et les environs desmoluz.

Pour y prandre leur domicilie; Et y est" le pays fertille

Et cité que devons garder,

Qu'i n'en est point de plus utille ^625

Pour nous, comme bien l'entendez.

Doneques, messeigneurs et amis,

Je vous vueil humblement prier.

Vous et vos gens, grans et petis.

Je vous pry que vous y aillez. 'i63o

Pour encontr'eulx résister.

Et pour les habitans deffendre.

Lesquelz je vueil, à mon povoir,

A les conserver y entendre.

A Orléans j'ay grant espérance, ^«35

Espoir et pour le présent;

Que c'est de mon pays de France

La cité où plus je prétend.

Si vous pry soyez consentant

D"y aller pour la garder; '1660

Que par icelle je m'atend

Pour le demourant recouvrer.

Voicy le conte de Dunois,

Lequel vous tendra compaignie.

Pour secourir mes bons François, <A6?i5

Esquelz parfaictement me fye,

Et contre Anglois, qui, par envye.

Par leur dampnable volunté,

Veullent mon royaulme et seigneurie

Tenir en tout leur liberté. -'t65o

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