‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 54 sur 158 · LE SIRE DE D[JNOIS · texte numérisé non relu

LE SIRE DE D[JNOIS

Ti'ès nobles et vaillans seignetirs.

Vous voyez l'alegacion, Les peines, travaulx et labeurs Du Pioy, et lamentacion.

Vous a fait icy menciou '■''■'^

De son cas et de son affaire, Aussi de son intencion ; Devant ung chascun la declaire.

Ij luy plaist que dedans Orléans

Nous y aillons les secourir, ''Mo

Auquel sont les Anglois devant, Qui vont à leurs portes courir.

F iiT) ^ . Et sommes assez advertiz

Comment il ont le siège mis.

Dont le Roy en a desplaisir, '''')fi5

Et veult secourir ses amis.

Si suis prest et appareillé

A y aller avecques vous,

Tout résolu et conseillé.

Pour les secourir devant tout. ^<'7"

Et, s'i vous plaist, cy voz propoux

En direz et voz volantez ;

Puis nous conclurrons, entre nous,

Voz plaisirs et voz libertez.

Mon chier seigneur, jà Dieu ne vueille ik^iô

Que je soye contredisant ;

A vostre plaisir, m'apareille

De vous servir moy et mes gens.

Par vostre bon voloir plaisant.

M'avez l'ait vostre mareschal, 'i6Ho

Si vous vueil servir en tous sens.

Chier sire, à^pié et à ciieval.

LE SIRE DU BUEIL

Je n'ay pas autre volante.

(Ihier sire, que de vous servir, i'""ii'>|- Vostre je suis, de vérité, 4685

A faire tout vostre plaisir, Et dedans Orléans j'ay désir A y ^ller, sans plus atendre.

Pour sur les faulx Anglois corir.

Pour voloir le pays deffendre. /,6ç)c

CHABANNES

Sire, ne vous doublez de mov-

Que ma volenté si est telle

De vous servir, connue je doy.

En vostre très juste querelle.

S'aucun est qui vous soit rebelle, 'i6ç)5

Soit par guerre ou soit autrement.

Par voye diverse et cruelle,

J'en vueil acquérir vengement.

LE SIRE DE CHAUMONT

Quant ,à de moy, j'é bon voloir

De corir sus noz anemis, /lyoo

Du tout en tout, à mon povoii'.

Et y employer mes amis.

Sy est tout le plus grant désir Que de vous servir, mon chier mt-, f "'^ ^ ■ Acomplir du tout voz dis .',705

Devant chacun, sans contredire.

THEAULDE DE VALLEPAIGNE.

Quant il vous plaisa partirons.

Que moy et mes gens sommes piestz.

El à Orléans nous en yrons,

Sans plus icy faire d'arrest, h-jn,

{Sa LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

Que les Anglois sont au plus près.

De fail y ont le siège mis, Et fait beaucoup de grans excès, De noz'gens navrez et occis.

Sire, vous nous avez mandé, ''i^-'

Et venuz sommes en présence ;

Si voy vostre voloir fondé

En toute bonne espérance.

Anglois si vous font violance

A Orléans, et si font ailleurs; ''720

Si convient mectre provoyance

AU'encontre de leurs erreurs.

Je vous pi'y que sans tarder plus.

Que nous partions pour y aller.

De nous tenir ce sont abus, '■v^s

Riens ne nous vault le séjourner.

S'i vous plaist, congié nous donrez.

Et pour y aller partirons.

J'ay désir Anglois resveillier,

Et m'est tart que. nous les voyons. ''73>

LE ROY

Mes bons seigneurs, je vous piy dont Que vous y aillez sans demeure.

Et Orléans et les environs, Je vous pry que on les seceure.

Y n'ont repoux une seuUe heure, ^v^s Tant sont des Anglois tormentez.

De jour, de nuyt, chascun labeure,

Y sont en grant peine boutez.

SAINTE SUAIRE

Chier sire, nous nous en allons

Et prenons congié de vous, sire; 6740

Nul n'est de nous qui ne désire

De combatre et voir les Godons'. •

LE ROY

Mes bons amis, vous mcrcyons, Et Dieu vous vueille bien conduire.

F' 1 17 *°- LE SIRE DE DUNOIS, baslard il'Oileans.

Chier sire, nous nous en allons ^745

Et prenons congié de vous, sire.

LE ROY

Ceulx d'Orléans vous recommandons

Principalement, pour le voir dire;

Les Anglois les veullent destruire.

Je vous pry qu'i reraedyons. 4750

Chier sire, nous nous en allons Et prenons congié de vous, sire.

CHABANNES

Nul n'est de nous qui ne désire De combatre et voir les Gondons.

Lors y a pause. — Et partiront, et puis rencontreront les Anglois vers Saint Jehan le Blanc, sur la turcie 2; et puis dit

' Les Goddam, les Anglais.

"^ Twcie, levée. ^

iSfi LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

LA HIRE

Sus, messeigneurs, en ordonnance, -1755

F° I is i'. Je voy là Orléans, là devant.

Et l'ost des Anglois, sans doubtance,

Lesquelz nous viennent au devant.

Vous voyez une armée moult grant.

Tous arengez de bort à bort, i7t)o

Et là y voy tout evidant

Le grant estandart Tallebol.

SAINTE SUAIRE

Il y sont plusieurs ostandars.

Et y trouve grant seigneurie

De grillons, lyons et liepars, '1765

Qui y sont en grant conipaignie.

Que nulluy ne se faigne mie

Pour encontr'eulx résister;

Qui nous convient perdre la vie.

Ou aujourd'uy les surmonter. ■'1770

TALLEBOT.

Seigneurs barons, sans arrester.

On m'a dit qu'i vient du secours

Aux François, sy se fault haster,

Pour se garder de leurs faulx tours.

Qui ne nous preignent en destours. ^77.^

Trorapetes, sonnez vistement,

Soyez vaillans sans avoir pours,

Adfin d'acquerre vengement.

Lors les trorapetes sonneront d'une part et d'autre, et clia.sciiii ;.(• boute eu ordonnance. Puis dit

K 118 ^^ LE CONTE DE SUPPORT

Y sont là vers Saint Jehan le Blanc,

Je les voy là sans ordonnance; A780

Frappons sur eulx incontinent,

L'avantaige est à qui commance.

LE CONTE D'ESCALLES.

' Allons à eulx sans differance ,

Que nulluy d'eux n'en reschappera;

Que y ne sont point grant puissance. ^78.')

Se volons, tout y demorra.

Adonl icy La Hire vient contre les Anglois, et chascun le suyl. (-eulx île la ville sonneront à l'arme, et saukiront tous armez. Et y a grant fail d'armes, et plusieurs blessez et mors, d'une part et d'autre. Et entreront dedans la ville, uiaulgn- les Anglois. Puis [dit]

LE SIRE DE DUNOIS, bastard d'Oilcan.s.

Bien devons rendre grâce à Dieu De la très puissante journée, p° 119 ' • Quant la victoire avons heu,

Et leur puissance subjuguée; 679..

Que en la cité renommée

Nous sommes sains et saulfz venuz.

Sans riens avoir de nostre armée

Comme bien peu de gens perduz.

LE RECEVEUR

Messeigneurs, bien soyez venus, ^795

Et tous voz gens entièrement.

Long temps vous avons attenduz.

En grant peine et en grant torment ; Que, jour et nuyt, incessamment,

Anglois gecteut artillerie, 'i^f"

Que repoux n'avons nullement.

Une seule heure ne demye.

SAINCTE SUAIRE

Dieu mcrcy, sommes arrivez,

Et venuz pour vous secourir.

Si nous fault manière trouver, 'i^O''

Pour sus noz anemis courrir, *

Et pour les faire deppartir

Es environs de ceste terre.

Chaudement les l'aalt poursuivyr,

A force d'armes et de guerre.

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