LE SIRE D'ESC.ALLES
Nous avons très grosse puissance
Là, du cousté du Portereau,
Où nous avons bonne espérance.
Quant au regard de delà l'eau. ')5i(.
Voicy ung temps jolis et beau.
Faictes estandars desployer.
Et gaignez ce noble joyeau ;
Il est vostre, vous le voyez.
F' 137 v\ TALLEBOT.
Sa, messire Jehan Facetot, y5<û
Que dictes vous ne que vous semble 1
Y fault ycy de bon estoq
Les assaillir trestous ensemble.
;)1f, LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.
Nous povons aller, ce me semble,
Jusques au rees de leur muraille, '>"'«''
Et y l'aire ung*assault si ample
Comme verrez que faire faille.
FACESTOT.
Vous, messire Jehan Tallebot,
Esleu estes à ceste charge;
Vous y savez vostre trippot ôjs»
Et y estes prudent et saige.
Ordonnez, en vostre corage.
Ainsi comme vous l'entendez :
Nous autres et tout le bernage
Vous voulons sauver et garder. :>:>io
TALLEBOT.
Puis qui vous plaist, ordoniieray Que vous et voz gens, si vous plaist, Vous yrez, et puis vous suivray Et de vous je me tiendi-ay près.
A la porte Renart yrayz ^53.5
F' 187 v°. Avecques le conte de Suffort,
Et de bon cueur les assaudrayz.
Sans espargner foible ne fort.
Puis devers la porte Banier
Jusque à la porte Parisie, 55.'io
Monseigneur d'Escalles, serez
Avecques vostre compaignie.
Mareschal, à chère hardie
Assaillez les, à une foulle.
Pour vous secourir je supplie 5545
Messire Jehan de la Polie.
Fouquand)erge, aussi Glasidas.
LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS. 217
De i autre cousté assaudront.
Qui sont stiilez de leur cas;
Et croyez que devoir feront. ■ 55ôo
Pour ce taictes que nous ayons
Victoire contre ces François,
Et qui tant traveillez nous ont
Et tant fait porter le ha mois.
FACETOT.
De très bon cueur acompliray, 5.555
Tallebot, tout vostre ordonnance,
Et mon estandart poseray
Sur leurs foussez à ma plaisance,
Et est bien mon espei'ance,
Orléans sera aujourd'uy destruit, ô56o
Et mis en nostre obéissance
Devant chascun, sans contredit.
F° 1 3S r '. LE CONTE DE SUFFORT.
.le n V^ pas autie intencion
Que aujourd'uy n'ayons victoire,
Et de mectre à destruction - 5565
Les Orlenois, c'est chose voire.
Tout temps nous ont esté contraire
Et ont volu résister;
Mais y leur sera vendue chiere
Quant viendra à l'escot compter. 5570