‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 79 sur 158 · PREVOST · texte numérisé non relu

PREVOST

Su'e, tout est prest sans faillir, 84oo

LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS. 3-21

N'aultre chose nous n'atendon Que, pour avecques nous venir.

F°2i3r°. Messire Thomas RaiDeton.

MESSIRE THOMAS RAMETON.

Quant de par nioy ne denioura.

Que je suis prest dès le matin Hier

A partir, quant il vous plaisa,

Et mes gens aussi de certain.

Si m'est tart que je voye à plain

Aucuns François pour nioy esbatre.

En une lande ou en un g plain, 84 lo

Pour à mon aise les combatre.

BAILLY D'ESVUEUX.

Messeigneurs, je conseilleroye De partir tout incontinent.

Et que chascun se mist en voye :

■ Puis aller tout courtoisement, 8ii5

Que les François aucunement Ne saichent de nostre venue, Qui nous donroit empeschement ^

Pour nostre entreprise perdue.

MESSIRE THOMAS RAMETON.

C'est vray, il est temps de partir. siao

F°3i3v°. Ne demourons plus, je vous prie: *

Que noz gens n'ont aultre désir Que de voir la chose acomplie.

Voicy tout prest l'artillerie

Et vivres en trois cens charroy; S'iaâ

Que plus nul ne diflere mye Et pour peur d'aucuns desarroy.

:]-2H LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS.

Lni's paiiironl tous en ordonnance; et y a pose.

LA HIRE

Sa, seigneurs, il nous fault entendre A tenir les champs promplemeut, El on Beausse nous aller rendre ^'>^o

Sans defl'aillir aucunement.

Je croy que demain proprement Le vaillant conte Cleremont Partira de Blois vrayeraent,

Ainsi comme mande le m'ont. 8''33

Pour ce, messeigneurs, advisez De vous qui y vouldra venir Et en vueillez disposer.

Aussi fault la ville garnir,

Qu'i ne nous puisse survenir. «'•''o

F° ai'j r°. Durant nostre département,

A la ville nul desplaisir Ne aultre nul encombrement.

Pour conduire ceste besoigne

Et pour la mectre en ordonnance, 84i5

Fault que cliascun entende et soigne En toute bonne diligence.

Pour nostre première detlence Et pour la première avangarde,

Icy vueil bien estre en présence 845o

Avecques gens de bonne garde; Avecques moy sera Poton, Canede, vaillant cappitaine, Et aussi le puissant Sauton

Avec la compaignic qu'i mayne. 8655

Ayez en fiance certaine De rencontrer vos anemis,

Pour acquérir gloire liaultaine En delTendant la fleur de liz.

Soyez tous vaillans, je vous prie, 846o

Allebret le sire d'Orval, Et y allez à chiere lye; Vous, sire Guillaume Estuart, Et messire Jehan de Vaillat,

Qui est seigneur de Chasteaubrun; 8'i65

Puis Loys de Rochechouart, Avecques le sire de Verdun.

Après sera Loys de Culan Avec messire Jehan Chabot,

Acompaignez de gens de bien 8470

Pour bien deflendre leur escot.

Gardez, quant viendra au complot, Que vous n'ayez le cueur failly, Qu'i ne fault c'un mauvais cahot

Bien souvent pour estre affoibly. 8475

Et pour vous dire en gênerai, Je vous prie que nous partions Pour sercher amont et aval Se noz anemis trouverrons.

On m'a dit que partiz y sont siso

De Paris, il y a deux jours, Et bien trois cens charroy il ont Qui leur feront ung grant secours.

LOYS DE CULAN.

Tous noz gens sont en ordonnance

Et bien en point, prest à partir. 8485

N'en faictes plus de demourance;

Que c'est très bien nostre plaisir

De voloir sercher et quérir

Les Anglois pour les desconfire, F-iîiSr". Qui sans cause veullent venir Sigo

En ce pays pour le destruire.

Lors partiront en ordonnance. — Trompetas et grant sikte '. — Puis dit LE CONTE DE CLEIÎEMONT.

Or est il temps, comme je croy,

Que nous partions sans plus atendre:

Pour ce mectons nous en arroy

Et cliascun à soy vueille entendre, sigS

Que on ne nous puisse surprandre.

Soyez saiges et ententis,

Et pensez de vous bien delTendre,

Que vous puissiez gaigner le pris.

LE BASTARD D'ORLEANS

J'entend qu'i sont sur le pajs 85oo

Et qu'i sont partiz dès pieça,

Amenant vivres de Paris,

Et qu'i s'en viennent par deçà.

Me semble deussions estre jà

Sur les champs pour les rencontrer: 85o5

Si fault envoyer çà et là

Des espies pour les nous creter^.

CLEREMONT.

Or partons, que Dieu nous conduie!

F°2i5v°. Et nous en allons au devani

Sans faire bruit, ne grant crier^e, 85 lo

Que de nous ilz n'oyent le vent.

Portez vous y tous bien vaillant,

Sikte, chant, antienne. — ' S/c, sans doute pour g-Me»?/-.

Que, se la deslrousse gaignez,

Vous estes riches et puissant

Et ung grant honneur acquérez. 85i5

Lors parliroiil, et y a pause. — Puis dit

LA HIRE

Mes bons amis, entendez cy

Que on m'a présent rapporté

Que les Anglois sont près d'icy,

Comme on me l'a dit et compté.

Et ne sont pas de vérité 8620

Plus de seize à dix huit cens;

Par quoy sans difiiculté

Y ne sont pas à nous puissans.

Allez les nous fault ravissant

Ainsi que sont hors d'ordonnance; 85a5

Vous les ferez esbayssant Et raviz en une instance; N'y feront point de delayance.

Frappons sur eulx, je vous emprie.

Que y m'est tart c|ue je commance 853o

F» 216 r'. A faire sur eulx la saillie.

Page 1