‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 80 sur 158 · LE CONTE DE CLEREMONT · texte numérisé non relu

LE CONTE DE CLEREMONT

Messeigneurs, on m'a adverti

Que les François si sont en voye, -

Et que des Anglois ont ouy

Des nouvelles pour chose vraye. 85.S5

Adfm que Toust ne se devoye,

A La Hire convient mander

Qui n'y touche par quelque voye.

Et qu'i vueilie rarmée tardei'.

Messagier, va diligamment 856c

Dire à La Hire et au\ seigneurs Qui sont en Beausse assemblement Es Anglois ne facent rigueurs, Ne travail ne autres labeurs.

Mais atendent nostre venue; ^^'-^'^

Qu'il en pourroit venir doleurs Et nostre entreprise perdue.

Demain serons au plus matin Avecques eulx, se nous povons.

Pour faire ensemble le butin, ^^s*»

Et ensemble les assauldrons.

Dy leur qu'i nous atendent dont.

Sans nullement les assaillir.

MESSAGIER

Je m'en voys sercher où ilz sont F'2i6v^ Pour vostre messaige acomplir. »''55

Posf^ — Et arrive es François et dit

MESSAGIER

Dieu sault les haulz princes de noJii

Et toute la grant baronnie!

De par l'ainsné fdz de Bourbon

Viens devers vostre seigneurie.

Qui aiïectueusement vous prie ^^60

Que es Anglois ne vous nionstrez.

Tant que luy et sa compagnie

Les voyez demain arriver.

LA HIRE

Par ia mort ])ieu ! nous n'en ferons riens.

Maintenant sont en desarroy; «565

Y se parqueront cependant

Et s'enclorront de leur charroy,

De leur piques, comme je croy.

Nul ne les osera assaillir,

Se nous atendons tant soit poy, 8570

Et pourrons nostre fait faillir.

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