X PREFACE
Sans doute ce nest là qu'une impression; mais encore faul-ii, pour en de'truire l'effet, quelque argument sans re'plique, d'où sorte l'impossibilité absolue d'assigner à notre poëme une date aussi ancienne. Nous avons dû recliercber nous-mêmes les objections qui pourraient s élever contre notre opinion, et nous n en avons aperçu qu'une, sérieuse il est vrai, mais non insoluble. La voici :
Le Bâtard d'Orléans est plusieurs l'ois, dans ce mystère, qualifié du titre de comte de Dunois, sire de Dunois, monseigneur de Dunois. Or les lettres par lesquelles le duc d'Orléans gratifia son frère naturel du comté de Dunois sont datées du ik juillet i^3a seulement. N'en faut-il pas conclure que notre poëme est postérieur à cette date, et n'a pu être joué ni le 8 mai 1^69 ni à jdus forte raison le 8 mai 1 435? L'argument semble d'autant plus fort, que ce n'est pas seulement en vedette, mais dans des vers mêmes et en rime que l'on peut lire :
Venez çà, sire de Dunois'.
Voicy le comte de Dunois^.
Et vous, monseigneur de Dunois^.
Ainsi, on ne peut pas même croire à une addition de copiste, tacile à comprendre dans le premier cas, inadmissible dans le second. Nous aurions donc renoncé à notre hypothèse, si, en y regardant de près, nous n'avions été fra]qjés d'une distinction trop marquée à nos yeux, trop significative pour qu'il fût possible de n'en pas tenir comjtte. C'est seulement dans le premier tiers de l'ouvrage, et jusqu'à la page 907, que le Bâtard d'Orléans est qualifié comte ou sire de Dunois; après quoi, il est constamment désigné sous le nom de Bâtard d'Orléans et même de Bâtard simjdement. Il ne parle ou n'est interpellé que douze fois
' P. lie). — °- V. 181. — '■ p. 189 et 206.