‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 81 sur 158 · MESSIRE LOYS DE CLLAN · texte numérisé non relu

MESSIRE LOYS DE CLLAN

Qui ne les prandra de présent, •HT r". James vous n'en vendrez à chef:

Que y s'enclorront là dedans

Et nous feront beaucoup de meschief. 8075

Si vous dy encoires de rechief Leur donrez loisir et espasse Eulx fortifiler et boucher; Point ne consens que [ce] cy passe.

Messagier, dy leur hardiment 8080

(iue nous ne les attendrons pas:

\ous congnoissons visiblement Que ce n'est pas bien nostre cas :

Y sont de présent mats et laz

Et à une demye lyeue de nous. 858:.

LE MESSAGIER

Je m'en retourneray de ce pas, Leur rapporteray vostre propos.

Pose. — Lor.f rV'Ioiirnp, el puis dit

334 LE MISTERE DU SIEfiE D'ORLEANS.

Très noble el très puissant seigneui , .

J'é acomply vostre messaige ;

Lesquelz m'ont du j)ai'fond du cueur 85yo

Respondu du mauvais langaige,

Disans que ce seroit le dommaige,

Mes bons seigneurs, de vous acteiidre,

Et si m'ont dit à mon visaige

(Ju i ne vous vouldront contre atendre. ssgS

i- 217 »' LE CONTE DE CLEREMONT.

Retourne à eulx, comment qui soit,

Et leur dy que tout est perdu.

S'il y vont par aucun endroit

Avant que je soye venu.

Dy leur que je l'ay delTendu S6f.o

Et leur deliens à toutes fins.

MESSAGIER

Leur diray que avez conclu .lusques à demain, pour le moins.

Lors retourne, et puis dit

Messeigneurs, je suis retourné.

De par le comte Cleremont, .S6o5

Vous dire qu'il est ordonn»'

(Jue n'alliez aval ne amont.

Tant que luy et ceulx qui là sont

Soyent devers vous arrivez;

Que demain j'espoir qui seront S6io

Avecques entre nous alliez.

LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS. 335

L\ HIRE

Aille comme en pourra aller!

Je voy les Anglois là devant; F° ai8 r\ Ne cessent eulx appareiller

Et se fortiflient là dedans. ■ «61:

James ne recouvrons le temps Qu'il estoient en beau gibier; Que y se sont doux maintenant Et grandement fortifTiez.

FACESTOT.

Mes amis, voylà les François fcoao

Qui sont à demye lieue de nous.

De noz charroy, de noz harnoiz;

Faisons tant que soyons enclos.

Je congnois que vous avez poux

Et vous atendez à morir; SfiaS

Mais prenez bon coraige en vou^

Que vous ne povez où fouyr.

PREVOST DE PARIS

11 nous fault deffendre ou morir.

C'est une chose bien certaine;

Mais j'espoir à parvenii- ^680

A victoire, tant mectrons peine.

Faictes qui n'y ait que une vaine

Et une voye seullcmeut

Pour saillir sur eulx en la plaine.

S'il est besoing aucunement. ^6'iL

P'aiSy". RAMESTON.

Nostre parc si est i'osoyé,

Bien clos de charroy à l'entour,

De paux esguz fortiffié,

Qu'i n'y pevent par aucun tour

N'y entrer, par aucun destour. 864o

Pour la l'orce d'artillerie,

Assortie comme en une tour.

Bien appoinctée et bien garnie.

LA HIRE

Cecy je n'enduroye mie

Que je n'alasse visiter Mur,

Les bois, et faire une saillie

Pour les faire dehors bouter.

Je m'y en vois sans arrester

Leur présenter ung coup de lance.

Savoir s'i se vouldront bouter 865o

Dehors de leur parc à puissance.

LOYS DE CULAN.

Je n'ay ne joye ne plaisance De atendre icy longuement :

Les Anglois font leur ordonnance Et se fortiiîîent grandement, 8655

i"2i()r». Et ne cuide point autrement

Que nous n'y ayons grant dommaige.

Surpris les eussions proprement Et gaigné eulx et leur bagage.

Lors sauldra La Hire et niessire Guillaume Esliiart, Loys dy Giilan et plusieurs i;ens de guerre, comme arcliiers. Puis un peu d'Anglois sauldront de leur parc, et y a des escarmouches. Puis les François viendront à folle et rechasseront les Anjjlois dedans leur parc, et y sont plusieurs mors, et y a une reiraicle. Puis dit

LR MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. 337

LE BASTART D'ORLEANS

Messeigneurs, on m'a rapporté >*6'>"

Et est commune renommée

Que les François si ont esté

Es Anglois faire une levée,

Et que de fait qu'il ont chassée

Leur armée jusques à leur parc. 8665

Si vois à eulx de randonnée

Les secourir de part en part. ,

CLEREMONT.

Si sont hastez, je n'en puis mes; F°3Kiv°. Je leur ay bien mandé assez.

S'il ont le bon, bien il me plaist ; 8670

Se mal leur vient, le fault passer.

.l'entent qu'i se sont amassez

Et ont fait ung peu de taudis

Pi'ès d'un bourc qu'i nous fault passer.

Nommé Rouveray Saint Denis; 8675

Je ne puis pas si toust mener

Trois ou quatre mille hommes d'armes ;

Il les convient bien ordonner

Et ne peuvent pas courir en armes.

Dites leur qui se tiengnent fermes 8680

Et qu'il auront de moy secours,

Aussi et qui leur tiengnent termes,

En actendant le grant séjours.

Adout le Bastard d'OHeans, le connestable d'Escosse et autres iesseront larniée du conte Cleremont, et viendront. Et dit

BASTART D'ORLEANS

Enlïans, prenez cueur et coraiges,

Je voi cy le secours venir; *^'''^''

Anglois ne sont pas pour les paiges;

Pour ung Anglois nous sommes dix.

Faisons qu'i ne puissent fouyr,

Que ung seul d'eulx n'eschappera. ^

Page 1