W PRESIDENT
Jehanne, vous avez dit très bien :
Que la cbose ainsi advensist,
Et croy (|ue ce seroit grant bien in,o.6.'>
IViur le royaulme el pour le pays;
Fille, certain pas je n'en suis.
Et est comme cbose impossible.
De voz paroUes et de voz dis,
De ce faire à vous n'est facille. 10,270
m* PRESIDENT.
Fille, vous dictes chose horrible, Et ne sont point voz diz à croire.
L'armée de France bien paisible F° :!()i r". Ensemble ne le pourroit faire;
Et vous qui de simple manière 10,37:)
Estes et de simple maintien.
Contre anemis tenir frontière!
En voz diz je ne congnois de l'ien.
llir PRESIDENT.
Çà, Jehanne, comment dictes vous?
De lever le siège d'Orléans! 10,980
io,ago
Tous les princes et les suppoux Le Roy a envoyé dedans, Et encoires n'y font il riens; Mes en dangier d'estre soubmise
Par les Englois qui sont devant, ,0,280
Et n'atendent que ne soit prise.
LA PUCELLE
Elle est tous les jours en dangier La ville et les habitans.
Pour ce me fausist abréger Et y aller incontinant; Que Dieu veult que je sois presant Pour les chasser hors du pays, Et que on me baille des gens Pour rebouter noz aneniis.
•''"2tJi V. L'ENQUISITEUR DE LA FOY.
Fille, le Dieu de Paradis 10,395
A le povoir et audience
De convaincre ses anemis
Sans frapper ung seul coup de lance ,
Ne sans hommes n'aultre puissance.
Quant y luy plaisa ainsi faire, io,3oo
Sans vous ne sans vostre présence.
Les faire fouyr et retraire.
LA PL'CELLE
Dieu le peut faire voyrement;
Mes ne luy plaist ainsi le faire.
Veult que je y soie proprement io,3o5
Pour ceste besoigne parfaire.
Et que j'aye soubz ma baniere
402 LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS.
Ung peu de gens pour batailler,
A qui Dieu donra la victoire.
Ainsi que à son bon chevalier. io,3io