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Qui vous conseillera du non
Que ne la devez recevoir, iciao
Peut estre qui ne seroit pas bon .
Et seroit pour vous décevoir.
Par quoy, sire, pour dire voir
Et en estre ferme et entiers.
Je l'envoyeroie interroger 10,125
A vostre conseil, à Poictiers.
IIP CONSEILLIER.
Me semble que ne povez mieulx :
Tout le conseil de toute France Sont assemblez, jeunes et vieulx
Et expers en louto science, io,i3o
Toute la fleur et excellence De pratique et théologie.
Pour l'interroger à plaisance De mieux faire ne povez mie.
F' jnv ^'■. IIP.
Par ce point ne povez faillir 10,1 35
De faire ce qu'i conseilleront.
Se c'est bien, ce vous sera plaisir;
Se mal est, ce ne sera pas lont.
Vous ferez ce qui vous diront
Et par leur conseil besoignerez; lo.i'io
Repris n'en povez estre dont.
Quant par leur fait ordonnerez.
LE ROY
Bien donques y la fault mener
A Poictiers, bien diligemment.
Et grandement la gouvernez, 10,1/15
La conduire honnorablement;
Et dire à nostre parlement
Que à ceste fille entendent '
Poui- nous conseiller loyaument.
Et à la despesclier y tendent. io,i5o
PREMIER CONSEILLER
Puis qu'il vous plaist, luy mènerons
A vostre conseil, à Poictiers,
Et la Pucelle conduisons
De bon cueur et bien volentiers.
F" 2 58 r°. LE ROY.
Vous direz à mes conseilliers 10,1 55
Que ceste fiHe leur envoyé Pour l'interroger de ses faiz, Adfin que ad ce je provoye.
Lors viendront deux à la Pucelle, et dit
PREMIER CONSEILLER
Jehanne, c'est le plaisir du Koy
Que nous vous menyoïis à Poitiers, lo.iCo
Pour appoincter de vostre arroy
Et pour pencer de voz deniers,
De voz gens d'armes et archiers.
Pour adviser à vostre estât.
LA PUCELLE
Son plaisir feray voulcntiers ir>.iG5
Et tout son voloir sans débat.
Lois vont à Poicliers.
Et allons dont, de par Dieu!
Puis qui luy plaist, j'en suis contante. Je scais bien que je vois en lieu
Où auray ung peu de tormente 10,171.
Et à faire; mes l'excellente F'258v^ Puissance de mon Dieu m'aydera,
En laquelle est mon entente, Et envers tous me gardera.
Puis an-iveront à Poiclicrs, et y a pose. — Puis dit
II' CONSEILLER
Jehanne, nous sommes à Poictiers 10,175
LE MISTERE DU SIEGE D'OULEAXS. 39
Et bien arrivez seurement.
Parier nous faiilt es conseilliers Du Roy, qui tiennent parlement.
Leur dénoncer aussi comment Le Roy devers eulx vous envoyé.
LA PLCELLE.
Faictes à vostre entendement.
Que son plaisir faire vouldroye.
PiciuiL-i- loiiscillier vu, i-l dit
I" CONSEILLIER
Très chiers et honnorez seigneurs.
Le Roy de par nous si vous mande Pour ses affaires et clameurs. 10,1 85
Veult que cliascun de vous entende Pour une besoigne très grande :
F' 259 r". C'est que parlez à ceste fdle,
Laquelle cy vous recommande.
(Jue elle est prudente et abille. ,0,190
LE PREMIER PRESIDENT
Au Roy devons tous obeyr A toujours, en toute saison.
Et son bon voloir acomplii' De tout son cueur, sans mesprison.
Or çà, fdle, de quelle maison Ne de quel pays estes vous?
En vous si est sens et raison Pour en dire vostre propoux.
LA PLCELLE.
Quant est de l'ostel de mon jiere.
H est en pays de Barois, io.-:!oo
Gentilhomme et de noble afaire, Honneste et loyal François.
PREMIER PRESIDENT
Ce que vous dictes, je le croys.
Que vous avez dit vérité.
Mes qui vous maine? Ne congnois ">'^o"'
Dont avez lessé vostre hostel, Vostre père et vostre mère, F° â59 V". Pour venir cy en ce pays;
A une fille est bien contraire.
Et avoir lessé ses amis. '"-""
LA PL'CELLE
Celuy de par qui venue suis A puissance et auctorité :
C'est Dieu qui ainsi l'a permis Et commandé y m'a esté.
PREMIER PRESIDENT
Or dont, de vostre intencion. 'o ■^'■'
Fille, quelle est vostre pensée
Et vostre ymaginacion.
Ne d'ont procède vostre allée.
Que vous estes si arrivée
Et venue de si loin pays, 'O'^-J*^
Ainsi comme fille esgarée.
Hors de vos parens et amis?
LA PLCELLE.
Du voyage que j'ay empris, Je le fais par commandement;
(]ue de moy seuHe je ne puis 10,2^5
Avoir sens ne l'enlendement.
Si non de Dieu du firmament F° 260 1°. Qui m'en a donné la puissance:
Et est son voloir vrayement Pour quoy je suis venue en France. 10,230
PREMIER PRESIDENT
Or çà, .lehanne, et au seurplus,
Que pensez vous de voloir faii'e?
Plusieurs sont qui font des abus.
Qui est à eulx dilTamatoire.
On doit tousjours acquérir gloire. lo.asr,
Louenge de Dieu et du monde.
Sans voloir aucun Iraicté l'aire
Par quoy à la fin le confonde.
LA PUCEUE.
Je ne suis point icy venue
Que pour euvre juste et loyalle : io,a/io
Bonne sera l'entrée et l'issue, Et partout sera generalle, Pour le royaulme especialle, Qui par mes faiz et par mes diz,
La grant majesté royalle io,a'i5
Releveray, les fleurs de liz.
Premièrement, je vueil ce faire :
C'est lever le siège d'Orléans, Et les oster liors de misaire
Dont y sont fort leans dedans; lo^aSo
F- 260 v°. Et les Englois qui sont devant,
Les chasser hors de ceste terre.
Par grans faiz d'armes et puissans.
'lOO LE MISTEHE DU SIEGE D'ORLEA^S.
Oultre la mer en Engleterre.
Puis après, mon intencion io,.!:)5
Est de mener ie Roy à Rains
Sacrer en grant devocion.
Comme vray roy doublé et craint,
YJ de saint huiHe son corps oint,
Ainsi que vray Roy crestien, 10,260
Et en parvenir à mes fins
Seuremcnt, et n'en doublez rien.