HP PRESIDENT
("est une notable pucelle
Fort honneste, prudente et saige.
Ne n'avons rien trouvé en elle
Fors tout bien et plaisant langaige; 10,370
Et a bon vouloir et couraige
De voloir ce fait acomplir.
Par quoy je dy que son voyaige
Nulluy ne l'en doit détenir.
IIH' PRESIDENT.
Je suis de vostre oppinion 10.375
Et croy que c'est chose divine.
Remener la i'ault à Chinon; Qu'il est raison qu'elle domyne Et qu'on ensuyve sa doictrine
En luy baillant ce qu'elle demande. 10,380
F 2fi3 v'. Ma voulenté se détermine
Qu'il est droit que à elle ou entende.
PREMIER PRESIDENT
Gà, messeigneurs, vous voyez cy
Vous présent l'alegacion
De la fille, et tout ainsi ' io,385
Tout selon la conclusion.
Nostre deliberacion
LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. /i05
De nous tous, sans riens excepter :
Son voloir et intencion
On doit faire et exécuter. ,0,390
ir PRESIDENT.
Vous direz au Roy, s'i luy plaist.
Que nous avons parlé à elle
Et que très bonne fille est,
Prudente et savante pucelle.
Et se doit fyer en icelle 10,895
Pour acomplir son entreprise.
En sa bonne et juste querelle.
En laquelle est du tout soubzmise.
r- CONSEILLIER.
Messeigneurs, nous luy rapporterons Tout vostre plaisir en ce cas, <. 0,600
F' -iH!, I . Et la Pucelle luy menrons
En honneur et en grant solas:
Qu'elle est honneste en tous estas
Et en parler tant advisée
Que, pour vérité, ne croy pas io,4o5
'iue ne soit de Dieu envoyée.
IIP PRESIDENT.
Ketournez vous en, de par Dieu.
Au Roy et menez la Pucelle.
Luy direz que avons conclu
(Jue bien se doit fyer en elle; .oJio
Tout son parlement et séquelle
V avons trestous la main mise.
Et de docteurs la jouvencelle
D arguer a esté requise.
11'^ CONSEILLIER
Messeigiieurs, nous nous en allons '".'"5
La mener au Roy, sans plus dire, Et honnestement la conduire, Auquel vostre rapport ferons.
PREMIER PRESIDENT
Dictes au Roy que nous avons
Cy besoigné tant qu'il doit suffire, lo.'i^»
F- 96^1 x'. '" CONSEILLIER.
Messeigneurs, nous nous en allons La mener au Roy, sans plus dire.