LIVRE II. - LE MOUVEMENT
Le mouvement, Protée moderne, dénoue tour à tour les liens qu'on a jetés sur son essence merveilleuse, la finalité immanente avec Hegel, la loi absurde mais rigide avec Darwin. Le bergsonisme destructeur de rUn et de l'Immuable 181
Le soupçon de Scot. La Volonté supérieure à l'Intelligence. Possibilité de transmutation des valeurs et par suite du mouvement dans le cosmos. Le Moyen âge, règne de l'anachronisme. Négation du mouvement. La Renaissance conçoit le mouvement mais sous forme de régression, de retour aux sources 18i
L'idée de progrès au dix-septième siècle, chez des écrivains indigents, Desmarets et Perrault. Le rôle de Fontenelle sur le seuil du dix-huitième siècle Leibniz, malgré l'orthodoxie apparente de son système adopté par l'Église, pose le principe de continuité, qui va devenir celui de la perfectibilité indéfinie de l'homme. Découverte de l'Inconscient, d'où la conception dynamique des choses va jaillir. Et cependant le monde de Leibniz, par un reste de scrupule théologique, est immobile. 186
Le problème de l'animalité dans l'école cartésienne et dans l'école leibnizienne. La loi de continuité dans Linné. Abus de cette loi dans Ch. Bonnet et Robinet. Rêves d'harmonies merveilleuses que la réalité brutale fera bientôt voler en éclats 192
La progression ou le progrès, la perfectibilité indéfinie, foi du dix-huitième siècle. La catastrophe de Lisbonne et les vagues d'absurdité. Candide. La rationalité pénètre néanmoins la conception du progrès. La continuité en mouvement dans Condorcet. Le monde merveilleux de Leibniz s'éveille 198
La raison immanente de l'univers est dans le devenir. Elle n'a pas été formulée à l'origine, elle ne le sera qu'au terme de l'évolution, qui par définition ne se réalisera jamais. L'Univers créé a priori par un jeu dialectique. Schelling, Oken, Hegei. 201
Le concept de Ventwichelang. L'Eglise, par la voix de Veuillot, fulmine contre l'idée hégélienne du mouvement. La science s'en accommode. Ames qui vont de la foi religieuse à l'hégélianisme : la crise de Scherer dans le protestantisme, celle de Renan, dans le catholicisme. Pas de déchirure. Il a suffi de mettre en mouvement la rationalité, immuable selon la théologie 203
La doctrine des Héros, synthèses de plus en plus hautes de l'Idée en marche. Strauss l'appliquait déjà à Jésus, d'où les colères de l'Église. Gnosticisme à rebours. Les Héros, comme les Œons de jadis, reliés à l'Ineffable, mais ils sont en progression ascendante et non plus descendante. Le scientisme de Taine. Il logifie le Cosmos de la même manière que le plus scrupuleuse théologie. Le mouvement enchaîné par Tlmmuable, qui est le rationnel 209