I. El its qui le tolèrent périront infailliblement ri
\) Liberté, iutorité, Eglise, traduction de l'abbé Bélet, p. 138.
livanl extrait d'un ecril postérieur de l'illustre évoque,
Tous ceux qui ont suivi le mouvement des doctrines, depuis cinquante ans, dans nos sociétés où le doute sème des contradictions si étranges, savent quel empire l'idée moderne d'une société sans Dieu a exercé sur des hommes qui voulaient servir Dieu et défendre son Église. Après bien d'autres, nous venons de constater, par des textes, ce phénomène, qu'on aurait peine à s'expliquer si l'on ne tenait compte de l'influence du milieu, même, sur les esprits en apparence les plus indépendants II nous reste à dire comment, aujourd'hui, le modernisme a su se glisser, sous la forme de l'opportunisme, parmi ceux qui devraient être ses adversaires, puisqu'ils combattent la Révolution; comment il est parvenu à leur imposer dans la politique ses pernicieuses influences ; comment il a fait d'eux les serviteurs inconscients d'un parti dont, plus que personne, ils redoutent le triomphe.
L'opportunisme conservateur est une des créations les plus habiles, les plus perfides de l'esprit moderne. Il se présente à nous sous les apparences d'une vertu qu'il a réussi à transformer en vice. La prudence, tel est le mot que les opportunistes ont toujours à la bouche et dont ils se servent pour couvrir leurs reniements en fait de doctrine et leur constance à toujours lâcher pied. Ils ont pour principe de n'avoir aucun principe
marque bien la portée des paroles que nous venons de citer. Dans ce passage il s'agit de savoir si la parité des confessions, établie par la constitution prussienne, peut se concilier avec les principes du Syllabus.
« Nous ne devons point demander l'égalité ou la liberté des religions dans le sens d'une séparation de l'Eglise et de l'Etat, dans le sens d'un Etat irréligieux, athée. Bien des catholiques, en Fran2e et surtout en Belgique, se sont fait à cet égard des idées peu exactes. La liberté des religions a été entendue, ça et là, dans le sens d'une complète séparation, et plusieurs catholiques se sont attachés à cette opinion fausse et singulièrement funeste dans ses effets, que l'Etat, en vertu de cette séparation, ne doit plus maintenant avoir aucun souci de la religion; que dans ses institutions civiles, il ne doit plus avoir aucun égard aux sentiments religieux de ses sujets. Ils se trompent. Ce n'est point là une conséquence du principe de la, parité ou de la liberté de conscience, c'est la conséquence d'une théorie d'État abstraite et insensée... A Dieu ne plaise que nous adhérions aux erreurs funestes, professées jusqu'à ce jour par quelques catholiques français et belges... Ne perdons jamais de vue cette distinction essentielle, entre le système d'une séparation complète et celui d'une parité fondée sur la loi.." Selon les principes catholiques, on ne saurait accorder une liberlo religieuse qui contredirait la loi morale, ou nierait l'existence de Dieu. * — L'Allemagne après la guerre de 1866, par Mgr de Ketteler, traduction de l'abbé Bélet, pp. 152 à 15î.
ou du moins d'agir dans la politique comme s'ils n'en avaient aucun. Les opportunistes ne sont pas pour la Révolution, mais ils ne veulent pas non plus être tout à fait contre elle. Planter fièrement son drapeau, sur le terrain de la politique, contre une puissance qui, aujourd'hui, règne et s'insinue partout, c'est une témérité que la sagesse de l'opportunisme prend en pitié. Et quel drapeau planter? Il n'y a qu'un seul drapeau autour duquel on puisse, à l'heure pi-ésente, se rallier pour combattre efficacement la Révolution, c'est le drapeau de Dieu et de son Eglise. Proudhon prêche à sa façon les deux étendards, quand il nous montre le monde moderne fatalement séparé en deux camps : celui de l'Église et celui de la Révolution. Telle est la vérité de notre situation. Mais affirmer les droits de l'Eglise, c'est une des choses que la circonspection opportuniste range parmi les impossibilités. Les sages de ce parti disent, avec leur modération habituelle, que c'est une folie.
D'ailleurs, que d'opportunistes qui, tout en redoutant et repoussant la Révolution, n'ont point foi en l'Eglise, et même mit à peine foi en Dieu! Pour ceux-là, il est tout naturel qu'au lieu de lutter de front contre la Révolution, ils cherchent à ruser avec elle, a la contenir par la vertu des expédients, à l'amadouer en lui jetant en pâture une partie des choses qu'ils voudraient sauver. Pour ces hommes en qui la foi est morte, chez qui, du moins, elle est faible, obscure H vacillante, l'opportunisme peut se justifier. Ce n'est point un parti vaillant, mais comment être vaillant quand on manque de convictions fortes et de principes arrêtés.
Pour les catholiques, à première vue, l'opportunisme est plus difficile à expliquer. Les catholiques clignes de ce nom sont par
ence des hommes de principes. Mais qu'importe pour la conduite politique qu'ils aienl des principes, s'ils les réservenl pour |.i vie privée, el s'ils d'en tiennent nul compte dans leur vie publique. Bien qu'ils paraissent ae s'en douter en aucune façon, les opportunistes catholiques Bont toujours s.ms l'influence de cette effroyable parole de La Etfennais : « Je vomirais, s'il riait p sible, n«' plus prononcer même l«- mol de catholicisme >». Il suffit d'avoir saisi ce trait caractéristique pour comprendre < 1 1 1 • * les catholiques libéraux sonl très-facilement, je «lirai même naturellement opportunistes. \ vrai dire, ils ae peuvent pas être .mi !,• chose. IK séparent l'Etat de l'Eglise ; ils distinguent, H ils sépareraient s'ils le pouvaient, !<■ citoyen du chrétien. Ne sonl ils pas, dès lors, dans la vu- publique, des unis sans principes, puisque les seuls principes qu'ils aient, el qu'ils puissent avoir,
LE MODERNISME DANS i/ÉGLISE 3'J
ce sont les principes catholiques, et qu'ils écartent d'eux, comme une tentation, l'idée de s'en servir quand ils font de la politique?
La constante préoccupation d'éviter les principes et tout ce qui peut y ramener entraîne les catholiques opportunistes à méconnaître d'une étrange façon une des lois fondamentales de l'existence et du développement de l'humanité. C'est un axiome en fait de vie morale, qu'il s'agisse de l'individu ou de la société, que l'état stationnaire n'est point une condition où l'homme puisse se fixer et se reposer. Les opportunistes caressent le rêve de l'immobilité sociale. La peur que les principes leur inspirent leur fait presque désirer de ne pas sortir trop tôt de l'atonie morale qui, présentement, rend difficile l'application des principes et fait, en bien des cas, de la transaction une nécessité. Pour beaucoup d'entre eux, l'indifférence ou la division des esprits en matière religieuse, dont nos sociétés souffrent tant, sont devenues, par une habitude invétérée, une sorte d'état normal et de seconde nature. Ils ne prévoient pas, ils ne veulent point prévoir le moment où un changement dans les affections et les convictions, conséquence des efforts de la propagande catholique, amènerait une évolution de la politique sur l'application des principes. Aussi longtemps que rien ne leur fait craindre de voir leur repos compromis par des explosions révolutionnaires, ils envisagent sans trouble, souvent même avec, une sorte de satisfaction, cette déchéance morale des peuples modernes, qui permet à la prudence opportuniste de se désintéresser sans remords de toute action, de tout effort, en vue d'une réalisation, déclarée impossible, des principes de la vie sociale catholique. Ils oublient, ces homems de quiétude et de sommeil, que l'Eglise veut le progrès de la vérité et du bien dans le monde social comme dans la conscience de chacun, et que tous « nous devons souhaiter de tout cœur que la société humaine soit régie d'une manière chrétienne, et que la divine influence du Christ pénètre et imprègne complètement tous les ordres de l'Etat (1). »
Au fond de leur cœur, les opportunistes ont en horreur le vrai modernisme, le modernisme que Dieu importune et qui voudrait chasser du monde Celui dont la loi gène les corruptions humaines. Mais il arrive, par l'effet de leur faiblesse, que tout ce qu'ils font pour arrêter la marche de ce redoutable ennemi
(1) Lettre de S. S. Léon XIII aux évoques de Belgique, du 3 août 1881. — « Nos ipsi ante omnes summopere cupimns ut humana societas christiano more componatur, atque ut omnes civitatis ordines divina Christi virtus penetret ac pervadat. »
tourne en sa faveur, et que leurs habiletés ne servent qu'à rendre son triomphe plus sûr et plus prompt.
Il est un fait dont l'évidence devient chaque jour plus saisissante : c'est que les libertés chères aux opportunistes, les libertés qu'ils ont inscrites en tète de leurs codes, quand ils ont fait des codes, et qu'ils défendent presque comme des dogmes, particulièrement la liberté de tout dire et de tout propager lorsqu'il s'agit des choses de Dieu et de la religion, que ces libertés essentiellement modernes sont, dans les mains des sectateurs du modernisme, une arme irrésistible et que, vu le penchant natif de l'homme vers le mal, elles doivent, à bref délai, livrer à la révolution la conscience du peuple.
On nous parle de bâillon: on se sent frémir à la pensée de contraindre au silence des lèvres qui ne répandent que des paroles de révolte et de blasphème. Mais nous chrétiens, qui aimons Dieu de toute notre âme, et après lui, mais plus que toute chose au monde, nos frères du pauvre peuple, nous frémissons au fond de nôtre àmc, de l'injure faite à Celui que nous adorons ; nous souffrons, comme d'une violence qui nous atteindrait nousmêmes, des coups portés à la foi et à la moralité du peuple par L'infernale propagande de l'impiété moderne, et de nos cœurs sort, avec- le cri de l'indignation et de la douleur, le cri de la charité et de la justice révoltées contre des pouvoirs qui délaissiiil le plus sacré de leurs devoirs : la protection des faibles.
On chercherai vainement, dans une société livrée à l'oppor- Lunisme, aucune force de résistance sérieuse. L'opportunisme obéil a une loi de, persévérante défaillance qui finalement doit livrer l'ordre social à la Révolution. Tous les manèges, toutes les finesses par lesquels les opportunistes cherchent à éviter l'ennemi baient le moment où ils tomberonl dans ses mains. Chaque évolution de l'opportunisme esl une concession en vue d'apaiser un adversaire qu'au fond il doit croire invincible puisqu'il a. pour la vie publique, des principes semblable aux siens. Mais chaque concession enhardil la Révolution en même temps qu'elle désarme L'opportunisme. Contrairement ,i toutes les règles de la guerre, ou voil la défense réduire de propos délibéré es Forces a mesure que l'attaque devient plus vive. El il ne peul pas en être autrement, car plus accroîl la hardiesse de l'adversaire, plus le péril est grand, el plus il l.i ii i. pour 3 échapper, d'après le principe même de l'opportunisme, multiplier les concessions. C'esl une marche fatale el toujours accélérée vers L'abîme. La victoire de la Révolution esl donc certaine, puisqu .i mesure qu'elle se montre plus violente,
LE MODERNISME DANS L'ÉGLISE il
l'opportunisme, pour rester fidèle à lui-même, doit se montrer plus complaisant et plus résigné. La faiblesse s'ajoutant constamment à la faiblesse, la modération opportuniste s'achemine, par un effacement progressif des idées et des situations, à une catastrophe inévitable. Le modernisme mitigé des opportunistes mène les sociétés qu'il désarme au dernier des malheurs : à la victoire définitive du modernisme pur et simple, de celui qui entend expulser de la société le Maître du ciel et de la terre, comme naguère il expulsait de leurs demeures des hommes qui avaient la modeste prétention de servir loin du monde, suivant leur conscience, Celui que tous sont tenus de servir.
La défaillance de l'autorité, sa défiance et son abandon d'ellemême, conséquences de l'oubli et de la peur des principes, tel est le grand mal, le mal mortel des peuples livrés à l'opportunisme.
Où en est l'autorité dans ces Parlements opportunistes qui prétendent être , même en pleine monarchie, les vrais et les seuls souverains?
A quoi passent-ils leur temps? A chercher, en tâtonnant, des transactions. De la droite au centre, du centre à la gauche, tous se font un honneur et un devoir de transiger. Ils ne vivent que par les transactions et pour les transactions, et ils en feront jusqu'à en mourir, parce que leur principe est d'en faire toujours. Quel est le rôle des conservateurs dans ces assemblées si infatuées d'elles-mêmes? Ils négocient et composent avec tant de persévérance et de sagesse qu'ils laissent à l'ennemi tout le loisir de grossir les forces par lesquelles il les accablera, et de consommer la ruine de toutes les institutions qui protègent la vérité, la justice et la vraie liberté. Ils reculent tant et si bien, dans les manœuvres de leur savante tactique, qu'ils laissent toute grande ouverte la voie par laquelle la Révolution entrera dans la place et s'y établira de façon qu'il faudra, pour l'en déloger, un de ces coups de Dieu sur lesquels l'homme ne peut jamais compter, et qu'il n'est pas du tout en droit d'espérer lorsqu'il n'a pas mérité, par sa fidélité à la vérité et à la justice, que Dieu se montre et prenne en main sa cause.
Rien de plus énervant que ce régime de transactions d'un parlementarisme qui, partout, se confond avec l'opportunisme. Sous ce régime, les lois, qui devraient élever et fortifier l'esprit public, l'altèrent et le dépriment, parce qu'elles ont pour unique fondement la transaction. En réalité, et bien qu'il s'en défende, c'est la politique utilitaire que pratique l'opportunisme parlementaire, et cette politique égare tellement les intelligences.
brise tellement les courages, que même les peuples naturellelement fiers n'y peuvent résister, et qu'ils finissent par déchoir dans leurs idées, dans leur caractère et dans leurs mœurs. Au spectacle des perpétuelles transactions auxquelles on se livre dans les régions législatives, tout devient vacillant dans l'Etat, et l'autorité même des lois est atteinte aussi bien que la considération de ceux qui les font. De la vie publique, le mal passe bientôt à la vie privée. Dans les classes mêlées à la politique, l'opinion se fausse et se corrompt. La notion même de l'honneur se perd, et l'on finit par ne plus rien comprendre et par ne plus rien souffrir de ce qui ne plie pas sous le niveau de la lâcheté commune.
Avec ses assemblées, l'opportunisme a ses chefs de gouvernement, il a ses rois et ses présidents.
Les présidents des républiques fondées sur les idées modernes sont de nécessité des types d'opportunistes. Qu'ils sachent ce qu'ils font ou qu'ils ne le sachent pas, qu'ils soient désintéressés ou qu'ils ne le soient pas, peu importe, leur conduite est la même : ils reculent toujours. Et pour ces pauvres présidents, il y a bien quelque excuse : n'ont-ils pas devant eux leur maître, qui est le peuple de la démocratie, conduit et poussé par la francmaçonnerie, l'âme du modernisme et la grande ennemie de toute autorité? et si le maître avance, ne faut -il pas que le valet recule pour lui laisser la place ?
.Mais quelles excuses allégueront les rois? car l'opportunisme a aussi ses rois, des ombres de rois, portant à leur ûanc une ombre d'épée qui ne sort pas du fourreau, même pour frapper des ombres. A quoi songent les rois de l'opportunisme ? à ne se point compromettre el à se retirer à propos. Le panache blanc d'Henri IV était toujours sur le chemin de l'honneur, appelant les Taillants là où se donnent Les grands coups qui sauvent Les grandes causes. Le panache bariolé des rois de L'opportunisme oe donne Le plus souvent que le signal de La retraite, el il ne se voit guère que but Les routes où L'on fuit. Dans leur Libérale indifférence, ces rois de La peur Laissent s'agiter autour d'eus tous les fauteurs <■) souteneurs de L'impiété <•! de la vilenie modernes. Lis s'arrêtent tout troublés devant ces fantômes de et d'impudence qui fuient et s'évanouissent, L'histoire contemporaine L'atteste, toutes l«'s lois qu'un pouvoir énergique réprime résolument leurs lâches audaces, et qui ne reparaissent que lorsque la peur B'esl glissée dans L'âme de ces chefs d'Etat, dont le courage q's qu'un temps parce qu il n est point fondé sur la Lidélité au devoir el sur La crainte de Dieu.
La peur! tel est le dernier mot de cet opportunisme qui, même chez les meilleurs, procède des influences, quelquefois éloignées, mais très-reconnaissables, du modernisme. La peur, qui vient de ce que l'on se sent impuissant à réprimer des libertés mauvaises que, par erreur sectaire, on s'obstine à ne point trouver telles. La peur, qui paralyse la foi et le zèle pour la cause de Dieu, qu'on a souvent très-fermes au fond de la conscience, et qu'on n'ose manifester dans la crainte de compromettre par trop d'éclat cette cause pour laquelle, dans les rencontres de la vie privée, on donnerait, s'il le fallait, tout son sang. La peur, qui rend ceux dont elle s'empare hésitants et flottants, au point qu'on se demande, à certaines heures, s'ils sont pour le bien ou pour le mal, et qu'on serait tenté, si on ne les savait au fond hommes de bien, de les confondre avec la foule de ces âmes misérables que Dante rencontre au vestibule de l'enfer, dont la vie, sans gloire comme sans honte, n'a point de place dans la mémoire des hommes, et que Dieu laisse éternellement suspendues entre le paradis et l'enfer, parce que sa justice les dédaigne autant que sa miséricorde (1).
Au milieu des obscurités et des bassesses du temps, 1 Eglise est toujours
Cette Jérusalem brillante de clartés
Qui porte sur son front une marque immortelle.
Un moment le modernisme a cru, dans sa folle confiance, qu'il allait altérer en elle cette marque divine. Nous avons entendu La Mennais se flatter de transformer, suivant les mobiles imaginations de l'homme, une institution dont la main même de Dieu a tracé le plan. On sait comment l'Eglise a triomphe de ces audaces humanitaires. Lorsque, de nos jours, le modernisme a tenté, sous la forme adoucie du libéralisme catholique, de s insinuer dans l'enceinte sacrée, on sait avec quelle énergie les Papes lui ont fermé l'accès du temple. Grâces soient donc rendues
1) L'anime triste di coloro
Che visser senza infamia e senza lodo.
Mischiate sono a quel cattivo coro
Degli angeli che non furon ribelh
Ne pur fedeli a Dio, ma per se foro.
Cacciarli il Ciel per non esser mcn belh,
Ne lo profondo inferno gli nceve,
Che alcuna gloria i rei avrebber d elh.
Fama di loro il mondo esser non lassa; Misericordia e Giustizia gli sdegna:
Non ragioniam di l'or, ma guarda e passa.
(Inferno, Canto terzo, v. 35.
i ', LE MODERNTSHE DANS L ÉGLISE
à l'Eglise et à l'enseignement, toujours concordant des Pontifes romains, qui nous préserve de ce grand ennemi des sociétés humaines, ennemi d'autant plus dangereux qu'au moment même où il mine les fondements de l'ordre social, il semble tout faire pour la glorification et la félicité du genre humain.
Qui pourra, dans la politique, nous délivrer de l'opportunisme, fruit de la complaisance qu'ont les catholiques mêlés aux affaires pour les idées et les instincts du modernisme ? Qui remplacera la politique des expédients parla politique des principes?
Pour accomplir cette œuvre capitale et urgente de la politique contemporaine, il faut un roi, un vrai roi.
Un roi qui n'ait d'autre crainte que la crainte de Dieu, d'autre peur que la peur de ne point remplir dans toute leur étendue les devoirs de la puissance souveraine ;
Un roi qui, sans contraindre aucune conscience, assure à Dieu, à ceux que Dieu a constitués en autorité, à la vérité que Dieu a révélée, le respect nécessaire ; qui impose ce respect, d'abord à raison du droit de Dieu sur toutes choses en ce monde, et ensuite à raison du droit qu'a la société de n'être point troublée dans la possession de ses principes de vie ;
Un roi qui aime et serve ceux qui sont les meilleurs amis de Dieu, les petits, les faibles, les pauvres ; qui sache rompre avec les modernes niaiseries d'un intraitable laissez-faire, laissezpasser, source de tant de misères pour le peuple ; qui, d'ailleurs, se tranb' *\r mettre, sous le spécieux prétexte de la protection due au peuple-ouvrier, les lois à la place de la charité, mais qui facilite et assure L'action de la charité, toujours libre, par la puissance des institutions, par la ferme protection du pouvoir pour toutes les œuvres d'association populaire inspirées par le zèle chrétien ;
Un roi qui soit la tradition vivante et dont la seule présence proclame la rupture avec l«'s systèmes et les pratiques d'instabilité «lu modernisme ;
In n.i qui lui'' les utopies, mais qui s.iisissr les réalités de la question Bociale; qui, toul en gardanl la fidélité à la tradition dans les choses essentielles, mette hardimenl la main, suivant les besoins el les conditions de la société actuelle, a la solution doutahles problèmes économiques qui fonl la légitime et ardente préoccupation <\<- notre époque;
I n roi qu'une longue tradition unisse au peuple h qui pourvoie à tous les grands intérêts populaires, d'accord avec une représentation tirée de tous les groupes particuliers d'activité morale el matérielle dans lesquels se concentre h s'organise, ;i
tous les degrés de la vie publique et privée, l'activité générale de la nation ;
Un roi qui respecte la liberté et fasse respecter l'autorité ; qui procure le bien du peuple en lui commandant avec fermeté ; qui ne consente point, comme les rois de l'opportunisme, à se faire le valet de ceux qu'il gouverne, mais qui soit leur serviteur suivant l'esprit de l'Evangile ;
Un roi qui mette ses soins à régler toutes les questions politiques et sociales du temps, non suivant le modernisme, mais suivant le christianisme, et dont la pensée souveraine soit « de faire rentrer Dieu en maître dans la société, afin que lui-même y puisse régner en roi ».
PARIS IMPRIMESIE BAL1T0UT, QCBSTROY ET Ce
7, ru» Baillif, 7.