Evangelium und Kirche, Mayence
rouges » avait déjà trouvé des lecteurs sympathiques, voire même admiratifs.
En Angleterre, les catholiques libéraux se posaient en défenseurs actifs autant qu'enthousiastes ■^. Des anglicans conservateurs applaudissaient pareillement à l'effort de M. Loisy ^. Une revue de grande information, la Quarterly review, y intéressait ses lecteurs par un long article très étudié^. Dans les colonnes du Times (20 et 25 janvier 1904), une discussion s'engageait, entre un apologiste masqué sous le nom de Vidi et un adversaire qui signait Catholicus
— on a cru pouvoir l'identifier avec le franciscain D. Fleming
— sur l'orthodoxie du savant français, et le problème y était encore repris par Romanus en date du 2 mars *. A plus forte raison les organes de gauche se montraient-ils favorables ^.
Nul ne prit à cette réclame une part plus considérable que le Révérend A. Leslie Lilley, vicar de Paddington. De même qu'il avait fait connaître aux lecteurs du Guardian
1. Ainsi W. Ward, dom Butler et W.-H. Kent dans le Table, d'avril 1903; W. Barry, Fr. von Hûgel et G. Tyrrell dans le PiloU, décembre 1903-janvier 1904. Voir de même « Voces catholicsB », The abbé Loisy and the catholic reform moyement, dans Contemporary review, 1903, t. Lxxxiii, p. 385-412; Professer Loisy and the teaching Church, ibid., 1904, t. lxxxv, p. 224-244. « A ce moment la pierre de touche pour nous tous était la foi en M. Loisy », témoigne Miss Petre, Congrès de l'hist. du christianisme, t. m, p. 234.
2. Tel le Rév. T. -A. Lacey dans une lecture iaite à Oxford, le 27 novembre, 1903 et publiée bientôt en brochure, avec une introduction de lord Halifax, sous ce titre : Harnack and Loisy, Londres, 1904.
3. The abbé Loisy and libéral catholicism in France, janvier 1904, p. 268-245. Ces pages • anonymes étaient d'un prêtre catholique, A. Fa-wkes, qui les a plus tard reproduites dans Studies in modernism,
4. Résumé postérieur par E. Portalié, dans Études, 1907, t. cxii, -p. 408-409.
5. Voir, sur L'Évangile et l'Église, la recension de Percy Gardner, dans Hibbert Journal, t. i, 1902-1903, p. 602-606; sur Autour d'un petit livre, ibid., t. ii, 1903-1904, p. 386-390, celle de Fomanus (qui, d'après A. Houtin, La question biblique au XX^ siècle, p. 139, serait le pseudonyme d'un prêtre) ; sur l'ensemble, H.-C. Corrance, Progressive catholicism and High Church absolutism, t. n, p. 217-234. L'année suivante, VExpositor (avril 1905, p. 241-256) publiait encore à ce sujet un article de Ch.-A. Briggs : Loisy and his criiics, tandis que, sous le titre d'Anii- Loisy, le Church Times du 16 juin couvrait d'injures ses contradicteurs, spécialement le P. Lagrange et P. 'Batifîol.
« AUTOUR d'un petit LIVRE » 18?
(18 février 1903) la Question biblique d'A. Houtin, il leur présentait avantageusement (25 février et 2 décembre) les deux petits livres de M. Loisy, tandis qu'il exposait dans le Commonwealth de mars les principales péripéties de la controverse que soulevait déjà le premier. Tout en rendant à la foi de l'auteur un hommage sans réserve ■'^, il déployait, dans l'analyse de son relativisme dogmatique et de son déterminisme historique, une acuités qui contraste avec l'aveuglement dont faisaient encore preuve tant de catholiques prévenus. U Evangile et V Eglise lui paraissait un livre révolutionnaire, et d'autant plus significatif à ses yeux qu'il exerçait une plus grande influence sur l'élite des prêtres et des laïques cultivés ^.Quelques lignes postérieures ^ précisent le sens de cette révolution .:
M. Loisy n'est pas plus satisfait que nous de cet esprit d'absolutisme..-. Il s'est constitué... le protag'oniste tout à la fois intellectuel et spirituel d'une nouvelle réforme. Il est l'adversaire clairvoyant et tenace de cet absolutisme, dogmatique ou ecclésiastique, qui compromet, de nos jours, quels que soient les services qu'il ait pu rendre dans le passé, les fondements mêmes de la société des amis du Christ.
La controversé ne tarda pas à traverser les Alpes aussi bien que la Manche. Chez les théologiens de métier, les positions conservatrices furent défendues, dès la première heure, par les jésuites D. Palmieri* et G. Mattiussi ^, en attendant la réfutation entreprise par la Civiltà cattolica au cours de l'année 1904 ^. Il est plus curieux de constater que, chez les représentants les plus qualifiés de l'école progressiste, l'accueil fait aux petits livres fut plutôt réservé''. Au