CHAPITRE PREMIER
Simultanément M. Loisy ■*• et A. Houtin ^ ont, pour caractériser les premières années du siècle, employé le terme d' « anarchie ». Bien que légèrement tendancieux, ce mot n'en exprime pas moins le trait dominant d'un état de choses qui n'était pas encore près de finir. On a pu dire, en effet, que c'est dans notre pays, après 1903, que le modernisme « était, et de beaucoup, le plus fort et le plus audacieux»^. Non pas- qu'on y puisse relever de chocs aussi retentissants que l'apparition des Souçenirs d'Assise ou des petits « livres rouges »; mais divers indices y dénotent un état d'agitation chronique, où l'on sent revivre un passé douloureux et sur lequel surgissent, à l'occasion, de nouveaux incidents.
Difficile par elle-même, la question biblique se compliquait désormais de 1' a affaire Loisy ».
Aussitôt que l'archevêque de, Paris eût publié le décret de l'Index, signalé en son temps, plusieurs évêques jugèrent opportun de se prononcer à leur tour. La plupart se contentèrent de promulguer les documents officiels en y ajoutant leur adhésion. Celui de Saint-Claude en fit l'objet de conférences à ses clercs et, à Montpellier, Mgr de Cabrières y intéressa de même le pubUc de sa viUe épiscopale. En sa qualité d'Ordinaire du coupable, Mgr Latty publia sur les