Une question téméraire et mal posée, Paris
2. Insérée dans son opuscule : La crise de la foi catholique (Paris, 1907), que l'Ami du clergé (12 décembre 1907, t. xxix, p. 1147) recommandait dès lors aux « historiens du modernisme ».
3. Seul un incompétent, étranger à toute expérience ecclésiastique, tel que M. Ch. Guignebert {Modernisme et tradition, p. 154-183) a cru pouvoir chercher dans ces réponses, qui ne représentent tout au plus que l'impression subjective d'un petit groupe d'auteurs, une source de renseignements sur la situation réelle du catholicisme français.
« enquête », Paul Bureau, professeur à la Faculté de droit de l'Institut catholique de Paris, jugeait à propos de parsemer de semblables réflexions un ouvrage qui ne les appelait pas et qui aurait pu être excellent^.
Le but de l'auteur étant de fonder la religion sur les exigences de la vie sociale; il en profitait pour montrer un conflit entre ce qu'il appelait les « enfants de l'esprit nouveau » et les « enfants de la tradition ». A ceux-ci il reprochait d'exagérer l'esprit de discipline dans tous les ordres, au détriment des initiatives -individuelles. Mais, dans ce camp, il était heureux de signaler « un travail de transformation interne qui, selon toute vraisemblance, est appelé à exercer sur le tempérament moral de notre pays une influence considérable (p. 380), » savoir la revendication « de la libre recherche scientifique suivant ses méthodes autonomes et ses procédés propres d'investigation (p. 385). » Et il consolait d'avance les promoteurs de « ce mouvement de rénovation intellectuelle » ou leurs disciples — et il va de soi que chacun suppléait aisément les noms propres - — en les invitant (p. 387) à ne pas « s'étonner d'une défaveur officielle qui, en d'autres temps, a accueilli toutes les réformes" que l'Église s'est ensuite appropriées pour son grand profit. » Ces ohiter dicta, glissés dans une œuvre apologétique par ailleurs remarquable, ne pouvaient avoir et n'eurent guère d'autre résultat que de faire peser sur la réputation de l'auteur des soupçons dont il eut peine à se relever.
, Or la trouée que ces ouvrages individuels ou collectifs tendaient à faire dans les milieux de moyenne culture, une petite feuille d'avant-garde l'accomplissait au jour le jour depuis deux ans. Elle paraissait à Lyon et s'appelait Demain. Deux jeunes laïques, MM. Pierre Jay et Auguste Cholat, en étaient les directeurs ; le D' Rifaux y tenait le rôle de secrétaire de la rédaction. A côté d'eux, des collaborateurs choisis y exposaient, en petits articles rapides et succincts, le mouvement des idées progressistes, qui se concentrait, naturellement, autour des Tyrrell et des Loisy. Les' organes similaires d'Allemagne ou d'Italie, voire les échos favorables de la presse profane, y étaient largement utilisés. Des chroni-