La crise morale des temps nouceaux, Paris
queurs aux écoutes de tous les bruits divers qui circulent dans le monde ecclésiastique, y multipliaient les informations intéressantes pour là cause ou les petits filets malicieux à l'adresse des adversaires. A l'occasion, les chefs de file s'en servaient comme d'une tribune : on y trouvait les communiqués de M. Loisy bu de G. Tyrrell; on y lut des lettres ou des discours d'A. Fogazzaro, des articles de R. Murri ou même de D. Battaini. h' Index et la Commission biblique n'y étaient pas ménagés, ni toujours le pape, et, sans doute pour ne pas s'en tenir aux idées pures, on y poussait, le 28 juin 1907 (p. 565-566), une pointe sur le problème du célibat des prêtres. Bref, l'ensemble était vivant, alerte et spirituel autant que tendancieux. Un organe de pénétration et de combat était' ainsi créé, qui avait tout pour se faire lire et connut un assez vif succès ^. .
Dans une sorte d'article réclame publié par le Journal de Genèce (9 juillet 1906), P. Sabatier la signalait comme un « témoin par excellence du mouvement religieux contemporain, » comme l'organe du « catholicisnie intégral », où la règle est de « marcher avec l'Église » mais d' « avoir sa conscience, sa personnalité propre. » Voilà pourquoi il saluait « ces jeunes, venus de tous les coins de l'Europe, avec une joyeuse émotion. » Puis, « en... rappelant la puissante vague de synapathie qui porte vers Demain l'élite de nos curés de campagne et des professeurs de nos Facultés catholiques, » il concluait « qu'il y a là le résultat d'un travail déjà long, profond, mystérieux » et « que cet effet est peut-être l'éclosion d'une grande chose ^. »
Cette « puissante A'ague de sympathie » était-elle l'expression d'un désir ou la constatation d'une réalité? Il est assez difficile aujourd'hui de s'en rendre compte, bien que toutes les probabilités invitent à voir dans ces lignes une forte dosé d'exagération. Quelle qu'en ait été la puissance, toujours est-il que cette « vague » a existé. Or est-il besoin de
1. On le remarqua même à l'étranger. Il avait suffi de son programme aux libéraux munichois pour y signaler (supplément à VAllgemeine Zeitung du 28 septembre 1905) « un catholicisme régénérateur » et la direction faisait savoir avec fierté (8 juin 1906, p. 4), que la mort seule avait empêché H. Schell de lui accorder sa collaboration.