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caractériser ce petit homme très actif. Il est aussi tenace qu'il a l'esprit net. On le sent même irréductible dans les idées qui lui sont chères... Il a l'audace des idées et l'audace plus grande de les exprimer \
Mais, dans sa pensée, cette a,ction extérieure se reliait à toute, une conception du cliristianism.e, qu'il s'agissait de réconcilier avec le monde moderne par le culte de la liberté. Ce fut le thème du fameux' discours prononcé à Saint- Marin le 24 août 1902 ^. Au jour le jour, la Cultura sociale, dont il était le directeur et qu'il suffisait presque seul à alimenter, développait les mêmes thèmes en des articles de circonstance ^. Par mesure de prudence, la revue cessa de paraître le 1^' juin 1906; mais elle fut bientôt remplacée (juillet 1906) pat une sœur du même esprit, la Rivista di cultura. Et toute la presse du parti de réclamer à grand fracas, avec l'autonomie de son action politique, une œuvre nécessaire de modernisation et de réforme, dont la tendance pouvait paraître d'autant plus inquiétante qu'elle était le plus souvent rnoins déterminée.
Cette vague romantique arrivait à déborder jusque sur le terrain doctrinal. Sans poser proprement au théologien, M. Murri en assumait parfois le rôle. Il estimait que les dogmes valent surtout par leur action sur la volonté et, à rencontre de l'Église actuelle, il réclamait un christianisme « plus pur, plus intense, plus pratique, plus chrétien » *. Le discours de Saint-Marin rêvait pour le catholicisme « une grande délivrance », qui le débarrasserait de ses éléments surannés : « coutumes semi-païennes revernies, conceptions juridiques de droit romain, idées philosophiques et théologiques élaborées dans nos écoles, institutions
1. Reçue, loc. cil., p. 7-8. C'est ainsi qu'il ne craignait pas, à l'occasion, de se dire « anticlérical » [Giornale d'Iialia, 8 avril 1907) pour mieux rompre avec la politique conservatrice de la hiérarchie. Bref, il faisait aux deux écrivains l'effet d'être « le socialiste chrétien dans toute-sa force et dans toute sa grandeur a.
2. Il parut suffisamment symptomatique aux protestants français pour qu'une traduction intégrale en fût publiée dans la Ret>ue chrétienne, 1er novembre 1902, t. xux, p. 384-396,
3. Les principaux sont passés dans* ses Baitaglie d'oggi, Rome, 1901-1904.