‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 205 sur 451 · Studi, 1905, t. v, p · texte numérisé non relu

Studi, 1905, t. v, p

7. Elle portait en sous-titre : Organe del movimento pcr la riforma religiosa.

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qui, dans le Dovere de Bellinzona (1-12 août 1906, 23- 29 août 1907), menait campagne contre le célibat des prêtres, tandis qu'il publiait à Locarno (1905-1906) une feuille d'avantgarde, la Cultura moderna, pour la Suisse de langue italienne. Quelques brochures anonymes traduisaient en même temps ou prétendaient traduire les plaintes spéciales au clergé ^. Un trait manquerait au tableau si, avec les tendances du mouvement italien, ou n'en signalait également la forme.

Avides, curieux, d'une agilité et d'une souplesse infinie, ivres du désir de connaître et impatients de regagner le temps perdu, écrivait dès l'époque un observateur très délié des choses étrangères, les Italiens brûlent souvent les étapes qui mènent à la vérité. Une philosophie chez eux sort de terre aussi rapidement qu'une usine. Les idées naissent adultes, si j'ose dire. Ils les demandent tour à' tour au maître de l'heure et, les ayant reçues toutes faites, ils se les assimilent avec une prodigieuse aisance qui déconcerte ce maître, allemand, anglais ou même français... Un contact personnel avec la jeune Italie renforce cette impression. Quel pèlerin n'a pas été émerveillé de la belle ardeur avec laquelle ces jeunes intelligences se précipitent dans les systèmes qu'elles viennent à peine dé découvrir et, tout ensemble, irrité parfois de remphase'''qui fait sonner là-bas ce grand mot de culture ^.

Cette fine psychologie des philosophes italiens ne s'applic[uerait-elle pas aux divers régénérateurs de la vie intellectuelle ou de l'apostolat social que nous avons rencontrés? 11 est vrai que l'auteur" entend formellement excepter les .leaders, parmi lesquels il range « un Semeria, un Minocchi » et « le directeur dé la Rivista storico-critica délie scienze teologiche. )> Mais dans leur œuvre les professionnels n'auraient

1. Pio X, suoi atti e suoi inlendimenti (Rome, 1905), opuscule assez anodin, dont les principales doléances portaient sur l'affaissement des caractères dans l'Eglise, la surabondance des sièges épiscopaux, l'abus des postes cardinalices; Questioni politico-religiose (Rome, 1905), qiii se donnait comme représentant « les observations d'un prélat romain» sur l'Index, les limites de l'infaillibilité et autres points délicats ; RiformeUI Note critico-polemiche di un sacerdoie romano (Rome, 1905), en attendant la supplique plus bardie : A Pio X. Quello che cogliamo (Milan, 1907), qui devait suivre la condamnation de M. Murri.

2. H. Bremond, dans Annales de phil. chr., 1908, IV^ série, t. v, p. 354-

sans doute pas trop de peine à retrouver les mêmes caractères du tempérament national. Il n'est pas jusqu'à Un panégyriste qui ne croie devoir parler sans ménagements of ungoverned exubérance or of inexpérience, or of too hasty generalization ^.

Sur ces entrefaites, un homme de lettres, le sénateur Antonio Fogazzaro (1842-1911), eut l'ambition de se faire l'interprète du réformisme catholique, dont la notoriété de son nom et l'éclat de son talent allaient, poiir un certain temps, le constituer en quelque sorte le chef ^.

Esprit délicat, ingénieux, poétique, sans grande force de pensée, romantique,' conservateur, Fogazzaro considérait le catholicisme comme le rêve qui idéalise la vie des peuples latins et comme le cadre de leur civilisation. Qu'il le crût d'institution divine, il semble difficile de le penser, tellement il partageait les idées de son ami le Père Tyrrell; mais il n'entendait pas qu'on discutât la question. Il voulait rajeunir l'Eglise, l'adapter aux temps présents. Le travail de notre génération devait être de lui faire accepter ce principe d'adaptation. Les générations suivantes l'appliqueraient selon les besoins ^.

. Telle est la cause au service de laquelle A. Fogazzaro voulut mettre sa plume d'artiste et qui allait s'incarner dans son célèbre roman : 7Z 5anto, paru en novembre 1905*. Autour d'un philosophe laïque, Giovanni Selva, qui représente l'auteur lui-même-, un groupe international de personnalités catholiques se "réunit et les vues les plus diverses se font jour sur rœu\Te ûécessaire de réforflie. Le moins exalté

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