A propos de la séparation, p
3. Lettre du 29 décembre 1903, dans Quelques lettres, p. 10. Au cours d'une première audience accordée à Mgr Mignot, en. décembre 1903, M. Loisy témoigne que Pie X aurait déclaré <t .qu'une condamnation allait avoir lieu, non de personne ou de livres, mais seulement de propositions anonymes. » Mais, dans l'audience de. départ, <c vers le 20 décembre y, il axirait été question d'une censure expresse contre ses livres. Congrès d'hist. du christianisme, t. m, p. 244-245.
Il se peut que cette mesure ait été dès lors envisagée en haut lieu ; mais elle devait tarder encore plus de trois ans.
C'est de France qu'en vint l'initiative. En effet, dès le mois d'octobre 1903, « deux théologiens ^ i^résentaient à l'archevêque de Paris, pour être soumis au Saint-Office, •fin mémoire contenant trente-trois propositions extraites des deux écrits de M. Loisy : UÉcangile et l'Église et Autour d'un petit livre ^. » Le cardinal Langénieux en fut également saisi et conclut à la nécessité d'une censure.
Pour l'instant, le Saint-Office se contenta d'une condamnation indéterminée contre les ouvrages de M. Loisy. Mais on a observé que la lettre officielle du cardinal Merry del Val, qui indique les principaux chefs d'erreur propres à motiver cette décision, les range dans l'ordre même qui devait être celui du futur décret ^. Ce qui laisserait croire qu'une première esquisse en était déjà préparée au sein de la Sacrée Congrégation.
Dès l'époque, on a parlé d'une commission spéciale préposée à l'élaboration de ce projet, dont auraient fait partie, entre autres, les cardinaux Rampolla, Steinhuber, Vives y Tuto. Les travaux auraient duré deux ans et demi, et c'est au franciscain David Fleming que serait due la rédaction définitive *. En revanche, sur la foi de la seule critique interne, M. Loisy croit à une origine plus ancienne du décret ^. Dans l'absence de tous documents certains ®, il reste à retenir, comme le déclare la préface du décret, que le texte en fut préparé par les consulteurs ordinair.es du Saint-Office, dont « les Éminentissimes et Révérendissimes cardinaux Inquisiteurs généraux en matière de foi et de mœurs » devaient
1. Savoir le sulpicien G. Letourneau et le jésuite P. Bouvier nommément désignés en note.