Lettre-du 30 juillet 1907, ïbid:, p
4. Quelques lettres sur des questions actuelles et sur 'des événements récente, Cefîonds, 1908.
5. Il n'est pas jusqu'à Fr. von Hiigel dont Tindulgentc amitié necommençât à se nuancer de quelques réserves au sujet de. ces deux écrits. Voir Sélected letters, p. 146-147, 149-150. Cf. p. 336.
Après avoir rappelé la teneur des documents pontificaux [Congrès d'hist. du christianisme, t. m, p. -246), M. Loisy continue pour caractériser la conduite que tinrent dans cette circonstance ses deux fidèles protecteurs d'autrefois : «. Ni l'archevêque [d'Albi], ni von Hiigel ne songèrent à me sauver de ce déluge, ni à me déconseiller la publication de mes Évangiles synoptiques et de mes Simples réflexions. » Mais ne faudrait-il pas savoir, au préalable, jusqu'à" quel point ils y furent invités? « L'excommunication majeure... ne changea rien à leurs dispositions à mon égard. La mission qu'ils s'étaient assignée, de protéger, dans ma personne, la liberté de la critique scientifique dans l'Eglise, avait pris fin. » Sans doute, mais parce que M. Loisy annulait cette « mission » par sa rupture avec l'Eglise, qui leur était plus chère que sa personne.
Dans ces conditions, que pouvait bien signifier une réclamation qui annulait par une capitulation d'ensemble les victoires que son auteur croyait pouvoir s'adjuger sur quelques détails? M. Loisy a manifesté lui-même sa surprise ^ de l'empressement avec lequel « le public se jeta » sur son pro domo. Succès momentané de scandale et qui ne devait pas durer. Les Simples réflexions ne restent guère aujourd'hui qu'un document sur la psychologie étrangement égocentrique de leur auteiir, qui s'y donne le singulier rôle d'interpréter en fonction de sa personne des documents d'un caractère absolument général, d'étendre à tous les modernistes des dénégations qui n'étaient tout au plus vraies que de lui-même, de crier à l'erreur judiciaire alors qu'il y étale beaucoup plus d'aveux qu'il n'en fallait pour justifier sa condamnation.
Ce pamphlet d'une violence concentrée, qui était d'ailleurs en son genre un chef-d'œuvre de polémique, ne voulait évidemment être qu'un manifeste de rupture avec l'Église, que M; Loisy s'attachait à couvrir de ridicule, à écraser sous le poids de son mépris, pour se donner une dernière fois le beau rôle en la quittant. En tout cas, il mettait fin à l'équivoque du modernisme chez le seul homme en France qui eût assez de prestige pour en rester l'animateur ^.
Aussi bien les événements allaient-ils se précipiter vers l'inéluctable solution. En quelques mois se dénoueraient les derniers liens qui subsistaient encore de M. Loisy à son fasse catholique.
Ce fut d'abord la fermeture de l'atelier où s'étaient préparés ses travaux! et qui avait étendu au loin son influence. La Reçue d'histoire et de littérature religieuses prenait congé de ses lecteurs à la fin de -1907^. Elle se félicitait d'avoir obtenu la collaboration, au cours de ces douze années, des plus hautes notabilités ecclésiastiques ou laïques et « contribué pour sa part » au renouvellement des études religieuses, mais considérait son rôle comme terminé devant le « système d'inquisition sans contrôle » présentement instauré dans
1 Choses passées, p. 363.