Voir A. Houtin, p
3. Lettre du 10 octobre 1907, publiée dans Revue moderniste intern., 1910, t. I, p. 23. ,
4. R. Goût, p. 216. Curieuse' reproduction, sans guillemets, d'une formule écrite par P. de Quirielle au sujet du premier « livre rouge » de M. Loisy. Voir plus haut, p. 166.
le ton « violent et sarcastique », en trouvait le fond des plus nobles et des plus opportuns.,^
G. Tyrrell y reprochait au pape soli « manquement à la civilité moderne, » mais surtout son esprit rétrograde. « Pie X aussi, y disait-il, est un réformateur; mais sa réforme est une réaction, non un progrès. » Aux foules avides de A^érité et de vie religieuses le pape ne trouvait plus à offrir que des abstractions scolastiques ^. C'est pourquoi le modernisme maintiendra d'autant plus son effort. Au besoin, il descendra « sous terre pour y croître et s'y fortifier et s'y •organiser en vue du jour prochain oùavec un élan renouvelé il sortira des catacombes. » Mais ses partisans accepteront, s'il le faut, toutes les censures « comme des choses, qui vont de soi » plutôt que de quitter l'Église.
Aucun moderniste comprenant la logique de sa propre position, fier de ses ancêtres spirituels, et sentant que l'union avec l'Église dépend d'une réalité intérieure plus que d'une forme extérieure, ne pourra être expulsé du catholicisme par un acte quel qu'il soit de violence juridique... Se séparer serait reconnaître que ses calomniateurs avaient raison... Ce serait abandonner ce qu'il croit la vérité au moment où la vérité est le plus trahie ^.
Pour justifier plus amplement cette attitude d'opposition tenace à l' encontre de toutes les mesures prises par l'autorité, G. Tyrrell exhumait de vieilles pages, écrites le 18 mai 1904, qu'il publiait dans la. Grande Rei^ue^, sous ce titre qui en indique bien l'esprit : L'excommunication salutaire. Il y protestait contre l'abus du pouvoir coercitif, mais le déclarait inopérant.
«S'il envisage même une injuste excommunication comme un mal qui doit être évité au prix de tous les sacrifices personnels dans i' ordre temporel, le catholique intelligent et cultivé ne la considère plus, en aucune façon, comme un mal spirituel, quand il vient à la comparer à la plus légère, violation de conscience ou de principe. " *(P. 664.) Au contraire, « le sacrifice qu'elle impose la rend en quelquesorte séduisante pour les cœurs héroïques... ; elle est même un
1. Lettre du !<"■ octobre, dans Selected lelters, p. 141-142.
2. Dans sa correspondance de l'époque (G. Tyrrell' s lelters, p. 85), ne parlait-il pas de l'encyclique Perdendi gregis?