‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 288 sur 451 · N» du 10 octobre 1907, t. xlv, p · texte numérisé non relu

N» du 10 octobre 1907, t. xlv, p

ESSAIS d'agitation : EN ANGLETERRE 3ii'l

baptême de feu, un moyen de sanctification pour l'homme pieux. » (P. 666.)

Et l'auteur faisait entrevoir (p. 670) le jour prochain où l'Église de Rome trouverait en face d'çUe « une multitude d'excommuniés soumis, croyant fermement à ses justes droits, mais décidés à résister à ses extravagantes prétentions, assistant à ses messes, pratiquant son bréviaire, observant ses abstinences, obéissant à ses lois et, dans la mestu-e où elle le permettra, partageant sa vie.»

Dans ce^s pages, G. Tyrrell traçait d'avance le programme de sa propre conduite. Le 22 octobre, Mgr Amigo, évêqùe de Southwark, après en avoir référé à Rome, lui notifiait une sentence aux termes de laquelle il était « privé des sacrements avec réserve de son cas au Saint-Siège ^. » Huit jours après, G. TjTrell répondait en acceptant la peine, mais en renouvelant son indignation contre l'encyclique Pascendi, « document qui détruit la seule manière dont il soit possible de défendre le catholicisme et toutes les raisons qu'on a de se soumettre, dans les limites convenables, à l'autorité ecclésiastique ^. »

A partir de ce moment, comme un vrai général en chef, G. Tyrrell ne cesse plus de surveiller et de favoriser les mouvements de résistance qu'il croit voir se dessiner ailleurs. L'Italie attirait particulièrement son attention. Un instant, il fut déconcerté par le radicalisme des Lettere di un prête modernista, où le modernisme se muait en idéologie socialiste et menaçait de tourner au schisme. Il se prit alors à jouer le rôle de modérateur pour engager ses amis trop ardents à rester dans l'Église, suivant le programme moderniste, afin d'y répandre leur esprit. Son rêve serait que s'organisât « un fort noyau d'excommuniés qui constitueraient une .protestation vivante contre lapapauté. » Du reste, tout en^essayant de défendire le caractère spirituel du « royaume de Dieu » voulu par le Christ, il finissait par réconcilier son propre

1. Ce qui n'était pas tout à fait l'excommunication, comme on l'a noté dans Rei>ue d'hist. et de litt. relig., 1913, nouv. sér., t. ly, p. 575.

2. Texte dans Autobiography and life, t. ii, p. 341-342j traduction dans R. Goût, .p. 226-227. Ce qui lui valut une chaleureuse approbation de Fr. von Hûgel. Lettre du 15 novembre,, dans Selected letters, p. 144.

mysticisme avec leur, « programme socialiste ^. » Suivant une loi souvent constatée, les troupes en arriraient à entraîner leur chef.

Pour activer le combat, G. Tyrrell payait de sa personne et, comme stimulé par la lutte, prodiguait sa prose belliqueuse. Les revues modernistes italiennes re jurent régulièrement son concours; mais c'est avant tout sur l'opinion de son pays qu'il se préoccupait d'agir. A défaut des feuilles • ■catholiques, les organes de l'anglicanisme lui ouvraient leurs ■colonnes. C'est ainsi que, dès la fin .de 1907, -il amorçait une •controverse ^, qui devait être des plus vives dans le monde anglais, sur la prétendue « condamnation de Newman » par l'encyclique Pascendi. En janvier suivant, il disait encore ses espoirs en « l'avenir du modernisme » ^, qu'il définissait comme « une méthode et un esprit plutôt qu'un système; un mode d'investigation et non un ensemble de résultats. » (P. 246.) Son caractère principal lui paraissait être de distinguer entre la théologie et l'expérience religieuse « dont elle est l'expression toujours imparfaite, toujours perfectible. » (P. 249.) Bien qu'il se montrât plus assuré de la décadence du catholicisme médiéval que « du succès des efforts variés du modernisme pour en trouver une réinterprétation, » (p. 255), il gardait toute sa confiance en un mouvement dont « la tendance générale est de retenir les vieilles formes et formules avec le moins de changement possible, tout en les distinguant soigneusement des expériences et valeurs surnaturellçs dont elles ne sont que les véhicules contingents, et, en mettant la théorie, la théologie et les choses extérieures~de plus en plus au second plan, d'insister autant que possible sur la foi, l'espérance et la charité *. »

Parfaite image du sectaire, en refusant de s'incliner devant l'autorité responsable, ce sont les destinées mêmes de l'Église que G. T^Trell avait la prétention de retenir entre ses mains.

17 Goirespondance publiée dans E. Buonaiuti; p. 144-147, et partiellement dans G. Tyrrell's letters, p. 115-117:

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