‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 296 sur 451 · Lettre du 2 avril 1910, p · texte numérisé non relu

Lettre du 2 avril 1910, p

3. Lettre du 11 juillet 1921, p. 334. Voir le témoignage de M. Loisy lui-même, dans Congrès d'hist. du christianisme, t. m, p. 247.

' injuste et violente... Pourtant ce n'est pas par lâcheté ou politique, mais par pure sincérité, que j'en suis venu à voir, plus clairement que je ne le faisais jusque-là, tout ce que contenaient de peu satisfaisant et de dangereux plusieurs théories philosophiques, fortement subjectivistes, alors réellement professées ^.

Devant cet acte de résipiscence, il ne sied plus de chicaner Fr. von Hugel sur sa chronologie du modernisme, sur le retard ou la qualité de son propre revirement. Il suffit de retenir que, malgré ses préventions sur les personnes et les doctrines, auxquelles il resta fidèle tant qu'il les crut vraiment catholiques, l'heure vint où force lui fut d'ouvrir enfin les yeux.

Au moment où l'Angleterre commençait à se pacifier, on voit pour la première fois se produire une claire manifestation de modernisme sur le sol américain. Un auteur anonyme ^ y traçait le tableau des réformes diverses cju'il jugeait aujourd'hui nécessaires.

La liberté des consciences, la domination des Italiens dans, le Sacré-Collège, la mission des légats pontificaux, le pouvoir des supérieurs généraux de congrégations, le célibat, les rapports de l'Eglise et de l'État, le rôle de la Compagnie de Jésus, tels étaient les principaux points exposés à Sa Sainteté. L'auteur initiait

1. Lettre à Miss Petre, du 13 mars 1918, p. 248-240. Aussi souhaitet-il qu'on, fasse entrer en ligne de compte, pour l'appréciation de son cas, « sa soumission de fait, actuellement très réelle encore. que point illimitée, et le [sentiment qu'il a du] caractère obligatoire de cette soumission » pour conserver le bienfait de l'appartenance à l'Eglise.

Miss Petre elle-même ne peut pas nier cette- « quasi-réaction», tout en se persuadant que ce « mouvement de modération et de recul » ne signifie pas <c un véritable changement dans l'œuvre de sa vie. » Congrès d'hist. du christianisme, t. in,' p. 227. Restriction non moins tendancieuse en son genre que la prétérition des catholiques anglais, qui, à la mort du baron, oublièrent sa première attitude pour le présenter comme une colonne inébranlable de l'orthodoxie. Dans ce sens, voir encore A. Goodier, dans le Monlh de janvier 1929, t. cciu, p. 11-21.

2. Letters to His Holiness pope Piiis X by a modernist, Chicago, 1910. Quand il fut mis à l'Index (22 janvier 1912), l'agence internationale Roma en attribua la paternité à M. J. SulUv-an, ancien maître des novices de la congrégation des Paulistes. Renseignement confirmé dans Neue Jahrhundert, 1913, t. v, p. 358.

Du même miUeu et peut-être du même auteur sortit un roman à thèse : The priest by a modernist, Chicago, 1910.

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ensuite ses lecteurs aux problèmes que la critique biblique pose à la dogmatique traditionnelle. A la vérité, les deux parties de son discours semblent peu cohérentes : la première réclame des réformes purement administratives et disciplinaires, la seconde soutient des opinions qui ruinent les croyances fondamentales de l'Église. Mais l'auteur déclare que pour lui il n'y a pas de contradiction. « Les solutions définitives, dit-il, ne consistent pas dans la critique... : elles consistent dans le développement de la vie spirituelle ^..»

Ce programme disparate avait l'avantage de marquer une assez curieuse conjonction entre l'américariisme du xix^ siècle et le modernisme doctrinal le plus caractérisé. Malgré tout, M. Schnitzer doit reconnaître, à sa grande surprise, que, sur cette terre classique de la liberté, « le modernisme n'avait pas trouvé de grand écho ^. »

Quoi qu'il en soit de ces quelques indices, rien ne prouve qu'en dépit des efforts de G. Tyrrell la crise dogmatique ait été, dans le monde anglo-saxon, ni large ni profonde. En tout cas, la mort prématurée de celui qui aurait pu en être le principal soutien l'empêcha de durer trop longtemps.

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