‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 3 sur 451 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

compte que le modernisme de l'encyclique . était quelque peu stylisé. « Le Saint-Père, écrivait Mgr Dadolle, a présenté la description du modernisme, si je puis dire, encyclopédiste : personnage, il faut le reconnaître, qui n'existe pas. Nous ne savons aucun écrivain d'envergure égale au vaste cadre dessiné par Pie X et dont l'œuvre reproduise tous les traits du tableau^,. » Et il est significatif que, dans une revue de moyenne vulgarisation, J. Guibert se soit cru obligé, dès la première heure, d'établir « que le modernisme n'est pas un m.ythe » ^. Plus récemment, un de nos Eons théologiens disait encore du « corps de doctrine » exposé par l'encyclique qu'il n'a « jamais été formulé peut-être avec cette ampleur et cet enchaînement logique » ^.

Ainsi, au double témoignage des partisans- et des adversaires, il s'agit de montrer comment le modernisme officiel correspond au modernisme réel. De ce problème seul l'examen des faits peut fournir la solution. Sans doute n'est-il pas trop difficile aujourd'hui d'apercevoir qu'à l'époque toutes les doctrines et tendances dont l'encyclique présente la synthèse flottaient, pour ainsi dire, dans l'air. Encore faut-il prendre la peine de l'établir a.vec le soin que demande la gravité du cas.

Mais la mémoire des contemporains ou, à son défaut, l'analyse de la littérature qui en témoigne attestent à quel point ce mouvement était alors confus, de telle sorte qu'il fut longtemps possible à ses adeptes, et peut-être à quelques-uns de ses dirigeants, de prendre le change sur sa véritable portée.

1} Semaine religieuse de Dijon, 5 octobre 1907; rapporté dans ■ A. Loisy, op. cit., p. 142.

2. Reme pr. d'apol., l^r décembre 1907, t. v, p. 354. Cf. Th. Delmont, Modernisme et modernistes, p. 1-3.

3. A. d'Alès, art, Modernisme, dans Dict. apol., t. m,, col. 591.

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