PREFACE IX
Ce qui semblait aux uns progrès légitime ou adaptation bienfaisante paraissait à d'autres coupable innovation, et ceux-ci dénonçaient des dangers pour la foi là où ceux-là ne voulaient voir qu'un développement nécessaire de la science. Ici on appelait clairvoyance ce qu'on flétrissait là comme étroitesse d'esprit. En présence des manifestes les plus graves, les jugendents se partageaient, et d'aucuns estimaient s'honorer en affectant une confiance inaltérable, qui passait, aux yeux de leurs contradicteurs, pour un funeste aveuglement. Sans compter les mille questions de personnes qui venaient embrouiller l'interprétation des doctrines.
Que si la situation nous paraît désormais éclaircie, non seulement en ce sens que la controverse est calmée, mais parce que le départ est fait entre les adversaires déguisés de l'Église et ses fidèles serviteurs, si l'on a pu voir tomber rapidement les équivoques des uns et les illusions des autres, c'est, sans conteste, à l'intervention pontificale qu'est dû ce résultat. Personne ne peut refuser aux actes de Pie X le mérite d'avoir été la sentence qui clôt de longs et difficiles débats, le jet de lumière qui dissipe les nuages aràoncelés sur l'horizon, le réactif qui décèle les divers éléments d'un milieu particulièrem.ent trouble et en réalise la différenciation. Tel étant leur rôle historique, il faut donc, pour en apprécier l'importance, ou seulement pour en comprendre le sens, les replacer dans le courant de là crise religieuse dont ils ont marqué la conclusion. La condamnation du modernisme est un rayon rétrospectif qui en éclaire l'histoire, et celle-ci, à son tour, sert à justifier l'attitude de l'autorité ecclésiastique à son > endroit.
De même donc qu'on a écrit l'histoire de l'arianisme ou du jansénisme, il importe de préparer leur