Der kath. Modernismus, p
ESSAIS d'agitation : EN ALLEMAGNE 4l9
'Par le ton et l'esprit autant que par les idées mêmes — car on y sent moins de modernisme que de germanisme antiromain — l'article de M. Schnitzer était de fâcheux augure. D'aucuns, à ce moment, crurent que le professeur munichois avait « délibérément voulu, par cet éclat, brusquer une rupture préméditée d'un conflit déjà ancien avec l'autorité ecclésiastique^. » L'événement devait leur donner raison.
Comme il fallait s'y attendre, en raison de la personnalité de leurs signataires, les. deux articles de MM. Ehrhard et Schnitzer troublèrent le monde religieux 2. Pour augmenter encore le mal, le premier fut aussitôt reproduit presque intégralement' par le plus grand journal du Centre catholique, la Germania de Berlin. On s'en émut en Allemagne; à Rome, les feuilles officieuses du Vatican parlèrent de « scandale ». Des sanctions étaient inévitables.
Averti par son évêque, M. Ehrhard affirma, dans une note qui fut communiquée à la presse, son loyalisme catholique et exprima ses regrets pour ce qui avait pu, dans ses pages, contrairement à ses intentions, « alarmer les consciences catholiques^. » Le Saint-Siège se contenta de lui retirer sa prélature; mais le prestige universitaire de l'auteur resta quelque temps ébranlé par cette soumission *.
De beaucoup plus agressif, M. Schnitzer "fut aussi plus durement traité. Dès le 6 février, il était déclaré par le pape suspens a dwinis. Loin de s'amender, il se compromettait à fond par un article sur les a légendes chrétiennes » ^, qui étendait aux Évangiles le processus d'embellissement légendaire constaté dans la vie des martyrs et des saints. En suite de quoi ses cours furent interdits aux clercs, lui-même privé de sacrements, et le gouverneemnt bavarois, après lui avoir octroyé une mission d'études au Japon, finit par le mettre en congé d'office. C'est seulement en 1913 qu'il devait être