M. Pernot, op. cit., p. 32. Cf. E. Buonaiuti, p
infidelium, pour ne rien dire de plus », par exemple le positiviste Robert Ardigo, le socialiste Enrico Leone, l'hégélien Benedetto Croce ^. Le Programma dei modernisti, dans l'intéressant dossier qui est joint à l'édition italienne, cite (p. 143-146) comme spécimens du même gerire apologétique un article d'Andréa Torre, dans le Carrière délia sera du 18 septembre et encore (p. 159-163) un autre (anonyme) dû Carrière d'Italia du même jour ^. A vingt ans de distance, M. Buonaiuti ne peut retenir des allusions amères à ces écrivains du dehors qui « ne sentirent pas l'inconvenance et le danger qu'il y avait pour eux à se solidariser avec la Compagnie de Jésus et le Saint-Office^.»
Cependant l'unanimité fut loin d'être complète. IN on seulement les journaux antireligieux, comme le Resta del Carlino ouïe Tempo, profitèrent de l'encyclique pour railler l'obscurantisme de l'Eglise*, mais plusieurs feuilles libérales accordèrent aux modernistes leur appui. Ainsi Al. Chiappelli, dans la Trihuna du 22 septembre et le Giornale d'Italia du 17 ®. Ce dernier journal est également celui qui devait, le 26, recevoir la première protestation de G. Tyrrell et, le 27 octobre, résumer avantageusement le « programme des modernistes » sous ce titre affriolant : La parola degli accusati.
Nulle part sans doute la grande presse n'est plus" inféodée qu'en Autriche aux puissances de la haute banque juive et anticléricale. A.ussi l'accueil fait aux documents émanés du Saint-Siège y fut-il dès plus hostiles. Tous les journaux importants y allèrent d'un ou de plusieurs articles ^. Le mépris de la science, l'asservissement -de la critique, l'abso-
1. Pernot, p. 58. Voir encore J.-M. Vidal, dans Revue du clergé fr., t. LviU; p. 59-62, et mieux. Civiltà cattolica, 5 juillet 1908, p. 75-82, qui rapporte les témoignages d'autres incroyants tels que R. Mariano et G. Gentile.
2. Voir- de semblables échos dans la Revue, loc.cit., p. 20-21.