‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 325 sur 451 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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6. Voir le dossier considérable réuni par A. Michelitsch, Der neue Syllabus, p. 87-103 (pour le décret Lamentabili), p. 336-352 (pour l'encyclique), dont la Neue freie Presse, la Zeit, V Arbeiterzeitung, le Pexter Lloyd, la Vossische Zeitung, le Grazer Tagblatt lui fournissent les éléments.

lutisme romain en. forment les principaux thèmes, et l'on présume sans peine dans quel sens ils furent traités.

Dans les pays protestants, le libéralisme académique,se compliquait de préventions confessionnelles. G!est ainsi qu'un témoin écrivait de l'Angleterre et de l'Amérique :

En général, on s'est violemment élevé contre ce quel'on aappelé l'ingérence de Rome dans la conscience individuelle, contre l'atteinte portée à la liberté des penseurs et aux droits de la critique. On a dénoncé l'encyclique comme un manifeste rétrograde en faveur de la scolastique, comme une faroucbe déclaration de guerre au progrès stientifiqué, aux naéthodes et aux aspirations du temps présent... Les mesures préventives et répressives édictées dans la troisième partie de l'encyclique ont particulièrement heurté les habitudes d'esprit des partisans du libre examen ^

Aux Etats-Unis, par exemple, Ch. Johnston profitait de l'encyclique pour rouvrir le procès du Saint-Siège ^. Mais plus remarquée fut de beaucoup l'intervention du professeur Ch. A. Briggs. Fervent adepte de l'union des Églises, l'auteur était en train de discuter avec Mgr Ireland, sur le ton le plus irénique, la manière dont se présentait à cet égard le problème de la papauté^. Les actes de Pie X furent pour lui une invincible pierre d'achoppement. Dans un article emporté*, il dénonçait le modernisme comme une invention, l'encyclique comme « une attaque contre tout ce qui est caractéristique de l'âge moderne, » (p. 206), le dispositif qui la termine comme un retour à l'inquisition, le tout étant d'aiUeurs rejeté sur la Curie plutôt que sur le bon pape qui s'en laissait imposer par eUe. L'année suivante, les États-Unis étaient encore renseignés sur les destinées postérieures du modernisme, dans un sens non moins tendancieux, par un américain vivant à Paris, qui servait à

1. L. Gougaud, dans Revue du clergé fr., 1909, t. Lvn, p. 541-542.

2. The catholic reformation, and ihe autkorily of ihe Vatican, dans North american review, décembre 1907, t. clxxxvi, p. 581-592.

3. Voir, pour la première passe" d'armes, la même revue, 15 février 1907 (t. CLxxxiv, p. 347-363) et 5 avril (ihid., p. 694-709) ; pour la seconde, les no^ de septembre 1907 (t. clxxxvi, p. 72-82) et de janvier 1908 (t. CLxxxvn, p. 7-22).

4. The encyclical against modernism, ibid., février 1908, t. clxxxvii, p. 199-212.

ses compatriotes le plus étrange pêle-mêle de racontars, soigneusement agrémentés de diatribes antij^ontificales ^.

En Angleterre, non seulementle Times, comme on l'a vu, prêtait à G. Tyrrell l'appui de son immense publicité, mais la; presse ecclésiastique ne ménageait pas ses remontrances aux autorités romaines 2. Aussi prompt à venger le moder-, nisme qu'il avait été fidèle à le soutenir, le Rév. Lilley, dans le Commonwealth de septembre 1907, prenait amèrement parti contre le décret du Saint-Office, qu'il accusait d'être un « travestissement » ^, puis, dans le n° de décembre, contre l'encyclique, qualifiée de perverse figment of imagination^ et imputée à la mentalité scolastique du P. Billot. Non moins agressif, le Rév. A. Fawkes se plaisait à montrer la ruine inévitable du système romain, comme il en serait d'un iceberg égaré dans les mers du Sud*.

Ce qui est vrai des pays anglo-saxons l'est à plus forte raison de l'Allemagne ^. - Quelques rares feuilles orthodoxes approuvèrent l'attitude du pape '. Mais « les protestants libéraux s'élevèrent immédiatement contre l'obscurantisme de Pie X'et commencèrent une polémique qui mit les catholiques mal à l'aise ^. »

La manifestation la plus importante à cet égard fut le référendum organisé par une revue de grande information,

1. J. R. Slattery, The workings of modernism, dans American journal of theology, octobre 1909, t. xm, p. 555-574.

2. Références dans L. Gougaud, loc. cit., p. 542-549; Comme spécimen de cet état d'esprit, dans lé genre modéré, on peut voit W. E. Addis, The' pope' s encyclical and ihe crisis in the Roman Church (dans Contemporary review, novembre 1907, t. xcii, p. 585-596) et encore (ibid., août 1908, t. xciv, p. 182-200) l'article non signé : The abbé Loisy and modernism.

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