N^" du i" octobre 1907, 5* période, t. xli, p
3. Modernisme et tradition catholique en France, Paris, 1 908. L'ouvrage avait paru en articles dans la Grande Revue à partir d'octobre 1907.
toutes, en ce qu'elles ont d'accessible à la raison et aux investigations historiques, s'écroulaient irrémédiablement. Révélation, tradition, dogmes, souveraineté spirituelle de l'Église, puissance et infaillibilité du pape ne peuvent plus se concevoir aujourd'hui qu'en fonction d'une mentalité périmée, d'un passé disparu; elles se survivent à elles-mêmes dans des formes désormais immuables comme la mort (p. 187). ^
« Pourtant, voulait-il bien concéder, l'esprit qui était en elles n'est pas mort, et il ne mourra pas: car il est partie intégrante dé rhumânité, il est son aspiration vers l'inconnu, vers l'explication de la vie, de la mort, de la destinée. Il erre en ce moment au ciel de la métaphysique, en attendant <jue s'offre à lui la formule nouvelle qui obscurément se façonne au fond de notre conscience commune. » Trop novice en la matière, l'auteur ne se rendait-il pas compte que le modernisme était précisément un essai tenté en vue de créer cette « formule nouvelle » oii bien le trouvait-il encore trop timide dans cette voie? C'est, en toute hypothèse, qu'il n'en avait aperçu que les apparences. Dans le modernisme il croyait voir encore un reste de foi : il n'en fallait pas davantage à son dogmatisme d'incroyant pour en décréter l'irrémédiable échec ^.
A d'autres, au contraire, le mouvement moderniste paraissait une force à utiliser. Et cette conviction ne pouvait que leur dicter un optimisme des plus confiants, qu'ils auraient sans doute voulu communicatif. Chez nous, le ton semble avoir été donné par M. Salomon Reinach, si du moins il faut ^ lire son nom derrière l'X discret qui signait ces lignes au relent pseudo-évangéUque :
Dans \e silence de l'Eglise de France, condamnée pour quelque temps à la stagnation, les sympathies des savants laïcs Vont naturellement aux savants clercs dont les écrits ont suscité et honoré fe renaissance des études religieuses. Nolite timere, pusillu^ grex; vous n'aurez pas travaillé en vain^.
1. Cf. L'évolution des dogmes, Paris, 1910, p. 327, où l'auteur assure que « le principal résultat du. généreux effort moderniste » a été « de rendre plus manifeste encore l'impossibilité de rappeler à la vie une croyance morte et ensevelie sous la formule d'autorité. »