‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 330 sur 451 · Avec A. Houtin, p · texte numérisé non relu

Avec A. Houtin, p

3. Revue archéologique, décembre 1907, IV® série, t. x, p. 457. .

440 JIÉACTION DU MODERNISME

Moins lyrique, mais se croyant sans doute d'autant j:lus positif, du modernisme l'auteur écrivait encore dans la suite :

Cest un mouvement irrésistible, parce qu'il se fonde sur la science catholique... L'originalité et le péril du modernisme, c'est qu'il est né dans l'Eglise même, aux pieds des autels, qu'il est le produit du savoir des clercs ^.

Un personnage de moindre envergure, M. A. Le Chatelier, prenant les intérêts de l'Église, montrait dans le modernisme « la sève vivifiante de l'arbre porteur' de fruits nouveaux. » Parce qu'il était censé tendre à une « religion plus hautement spiritualisée, » il lui paraissait capable de gagner « la libre-pensée réprobatrice dfes idées anti-religieuses ^. »

Forts d'une semblable conviction, les deux chroniqueurs de la Revue, après avoir brossé le tableau du mouvement moderniste en Italie, ne pouvaient se retenir de clôturer par un couplet senti en sa faveur. « Il faut, en vérité, disaient-ils, l'aveuglement systématique dans lequel vit le Vatican pour ne pas apercevoir cette vérité : c'est qu'en pourchassant les modernistes, en se refusant même à écouter cette grande voix qui s'élève de tous les coins de l'Italie et du inonde, il fait le jeu le plus certain des adversaires de toute la pensée religieuse, » Mais, par bonheur, le mouvement est incoercible. « Les forces modernistes grandissent chaqiie jour... En vain Pie X les frappe-t-il d'anathèmes et les traite-t-il de révoltés. Il vient un jour où les révoltés sont si nombreux qu'ils finissent par devenir la majorité, tandis que le pouvoir n'est plus à son tour que l'opposition. Ce jour-là n'est peut-être pas très éloigné en Italie. » Il suffit d'attendre « un nouveau Léon XIII. » A peine une inquiétude vient-elle obscurcir le ciel de nos deux néophytes. « ...Pourront-ils tenir jusqu'à cette date prochaine? Toute ^la question est là ^. »

En Italie, le Cœnobiiim de Lugano, organe des jeunes

1. Orpheus, Paris, 1909, p. 581. Et pour justifier ses dires, il y accueillait le chiffre fantastique de 15 000 modernistes dans le clergé français, qu'il s'efforçait de maintenir ensuite contre tous les contradicteurs. Voir plus haut, p. 323-324.

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