No du 16 février 1910, V« série, t: cxlv, p
2. A l'époque où nous sommes parvenus, ces articles dispersés ■ étaient précisément réunis en volume : Il modernismo e i rapporii tra
religione e filosofia, Bari, 1909. Une deuxième édition, largement augmentée, devait paraître en 1921.
d'ordre religieux. Il s'agit ici d'auxiliaires directs qui, au nom de ce qu'ils croyaient être l'avenir de la foi, s'appliquaient à soutenir les novateurs catholiques dans la crise présente et pronostiquaient à qui mieux mieux le triomphe de leur cause. En effet, déjà sympathiques au modernisme, un certain nombre de protestants libéraux trouvaient dans les anathèmes de l'Église une raison de lui prodiguer de nouveaux encouragements et peut-être de s'ouvrir à un regain d'espoir.
Comme bien on pense, P. Sabatier se dépensait autour de son troupeau. Dès la fin de juillet, il publiait dans le Times deux articles, qui furent traduits en italien et dont le texte français fut donné à la Revue chrétienne ^ sous ce titre : Quatre ans de pontificat. Pie X incarne à ses yeux la notion médiévale de l'autorité dans toute sa rigueur; mais il permet d'en constater d'autant plus aisément la faillite. Car « il est vaincu sur toute la ligne. En lui et par lui, la vieille notion de l'autorité transcendante est en train de succomber aussi honorablement que coinplètement. » (P. 255.)
Le pape d'un côté, les modernistes dé l'autre, sont les représentants de deux mentalités. Ce sont deux civilisations qui se rencontrent. Laquelle l'emportera ? Poser la question, c'est la résoudre. C'est la vie, c'est la jeunesse qui sera victorieuse, et alors se réalisera la prophétie du vieux Joachim de Flore sur le troisième âge de l'humanité (p. 268).
Afin de préparer cet avènement, P. Sabatier ne s'épargnait pas à la peine. ^
J'ai tout négligé, tout abandonné, écrivait-il à la fin de 1907, j'ai oublié amis et parents pour me dévouer à mes amis du clergé catholique, pour les encourager, pour les empêcher de s'isoler ou de quitter l'Eglise romaine.
Mais il croyait pouvoir se rendre le témoignage de n'avoir pas travaillé en vain.
« Nous sommes à la veille d'une formidable crise... Ce mouvement tend à un catholicisme qui se renouvellera lui-même de haut en bas. » Malgré les répressions, « le mouvement n'est ni arrêté ni diminué. Au contraire. Dans certains diocèses, la majorité