Les modernistes, Paris
son intention . de leur murmurer à l'oreille : Gloria victis. La presse profane fit à ce volume un • siiccès triomphal \ qui se traduisit par maintes rééditions ; la presse religieuse se contenta de l'ignorer.
Pour ne négliger aucun diocèse de son obédience, P. Sabàtier transmettait en même temps à G.-A.-S. Fantoni Sellon ce mémoire d'un « ecclésiastique romain » sur la situation religieuse en Italie qui devait susciter un si gros émoi dans les milieux intéressés ^. Quelques mauvaises langues insinuèrent qu'il pourrait bien en être l'auteur^. Plusieurs années après, sans égard aux démentis de l'expérience, l'infatigable apôtre chantait encore les gloires présentes et les destinées futures du modernisme effondré*.
Sans être proprement contagieux, cet enthousiasme protecteur de P. Sabatier ne resta pas isolé dans le protestantisme français. Dans une feuille profane où il rendait compte du mouvement moderniste ^, M. G. Riou avait déjà insinué en terminant qu'il pourrait bien y avoir là « pour l'Eglise..., à la fois un remède utile et une eau de Jouvence. •)) Mais plus importants sont les témoignages qui viennent de théologiens.
C'est à ce moment-là que le pasteur Raoul Goût entreprenait, dans la Revue de théologie, sa biographie de G. Tyrrell ^. A la louange de son héros, que rehaussaient à jet continu les invectives du meilleur style huguenot à l'adresse du pape et des écrivains catholiques, se mêlait obligatoirement un chaleureux couplet en faveur de sa ^ause.