Revue, 1" mars 1908, t. Lxxin, p
6. Elle y parut de décembre 1908 à mars 1910 et fut aussitôt publiée en volume (Paris, 1910).
ATJXItlAIRES DU DEHORS 447
Pour si pénétrés d'esprit critique qu'ils soient, avides de progrès démocratique, enivrés des fraternités sociales qui descendent du messianisme éternel, anticléricaux par religion, mais animés d'une forte conscience des impérissables destinées du catholicisme, les modernistes ne sont-ils pas plus religieux, plus chrétiens que ceux qui invoquent la Croix du Sauveur contre la Lumière et mêlent la Croix du Sauveur à leurs marchandages ? De ceux-ci le monde aura oubUé les noms quand l'œuvre de ceux-là labourera encore- les âmes... Là où le monde dit : Il y a un grand désastre, il y a souvent une grande victoire. Les espoirs modernistes, bien que retardés, demeurent vivants. Cette magnifique aurore, saluée par la cloche d'argent de l'historien de saint François, accueillie par des sympathies vécues, ne sera pas suivie du jour terne et glacé ^.
A la Revue chrétienne, on n'avait tout d'abord vu dans l'affaire du modernisme qu'une matière à de faciles sar^ casmes ^. Mais le ton changeait dès l'année suivante, quand le pasteur L. E. Tony André y insérait un mémoire sur le modernisme italien ^, par lui présenté au Congrès des « Libéraux religieux » tenu à Boston le 25 septembre J907. « ...Quel qu'il soit, y disait l'auteur (p. 46), le modernisme est un noble mouvement qui a droit à toute notre attention et à notre sympathie. » C'est que, déclarait-il (p. 56), «le mouvement naoderniste actuel... présente de grandes analogies avec celui des Luther, des Calvin, des Zwingli au début de leurs réformes. » En conséquence, en évitant de le compromettre «par une intro-nôission intempestive », il invitait ses coreligionnaires à le suivre « par la pensée avec tout l'intérêt que suscite la conquête des libertés les plus saintes. »
De cette « conquête » les Simples réflexions et les Evangiles synoptiques de M. Loisy parurent un spécimen. Aussi M. J. Viénot faisàit-il,à ces publications le meilleur accueil ^. Et pour qu'on né s'y inéprenne, la raison de cette sympathie apparaît un peu plus loin, à propos de Quelques lettres, où le même auteur croit pouvoir dire de « l'ermite de Ceffonds »