Le modernisme catholique, p
d'une vie chrétienne profonde et renoncée, d'une charité et magnanimité parfaites à l'égard de nos adversaires ^.
La marche des événements ne permit pas de renouveler l'expérience de ce petit concile ^. Mais la publication de l'encyclique Pascendi eut, au premier moment, pour effet de poser la question du « front unique » et du trésor de guerre en conséquence. G. Tyrrell, qui à son fougueux mysticisme unissait ' plus que tout, autre le sens des « résolutions pratiques », avait conçu, vers la fin. de 1907, un projet de caisseinternationale en vue d'assurer l'avenir temporel des prêtresqui seraient frappés pour cause de modernisme. Cet appel de fonds déflut à P. Sabatier : pour cette raison ou pour toute autre, l'affaire fut abandonnée sans retour^.
Moins positif, M. Loisy se fût contenté d'un accord entre les chefs en vue d'une action commune. Ses suggestions n'eurent, paraît-il, pas plus de succès. '
Devant les actes pontificaux qui décrétaient l'extermination du modernisme, j'eus l'idée d'écrire à Tyrrell pour lui demander s'il ne serait pas opportun de coordonner les manifestations que nous pourrions avoir à faire, et l'attitude que nous aurions à prendre devant les sommations de l'autorité ecclésiastique. Malettre ne reçut pas de réponse. Tyrrell entendait mener son;^ combat' tout seul et il le mena ainsi jusqu'à la mort*.
Au point de vue extérieur, il est vrai de dire que le modernisme ne fut jamais organisé.
Faute de ligue proprement dite, il y eut du moins un effort intense de coopération dans l'ordre des idées. Sans valoir un groupement effectif, dans une large mesure la communion intellectuelle y suppléait.