En réalité, ce fut sur la fin d'août
du Tyrol. Pendant trois jours on échangea des idées, des avis, des espérances '^. » •
A cette réunion auraient assisté, d'après A. Houtin ^, le baron Fr. von Hûgel, le sénateur A. Fogazzaro, Mgr Fracassini, les abbés Buonaiuti, Brizio Casciola, Mari, Murri, Luigi PiastreUi, les comtes GaUarati-Scotti et Alessandro Casati^. « On ignore, poursuit l'auteur, l'objet de leurs délibérations ; mais il y avait là des hommes d'idéaux et d'intérêts trop divers pour qu'ils pussent s'accorder dans des résolutions pratiques. » « Le résultat ne fut pas brillant, té- :naoigne de son côté M. Buonaiuti, puisqu'il n'en sortit aucune nnité d'action, aucune affirmation collective. On aurait •dit plutôt que les modernistes italiens les plus en vue avaient tenu à se rencontrer pour prendre congé l'un de jl' autre "*. >>
Tout au moins faut-il en retenir une preuve du rôle prépondérant que tendait à jouer dans ces milieux, Fr. von Hûgel. Qu'on en juge par le récit de P. Sabatier.
Le jour du départ, au matin, il réunit tous les amis dans sa chambre et leur adressa des paroles à la fois si simples et si brûlantes que ceux qui eurent le bonheur de les entendre les ont gardées comme le souvenir d'un de ces moments où la vie nous apparaît à la fois transfigurée et encore réelle, où nous prenons conscience des forces mystérieuses qui sont en nous et pourtant nous dominent et nous dépassent. Le prêtre, qui, baissant la voix d'émotion quelques mois après, me racontait cette scène, ajoutait que tous les assistants avaient 5ongé à saint Paul prenant congé des anciens de l'Église d'Éphèse.
De cet entretien mémorable, le journal de Fr. von Hugel donne un bref résumé, moins poétique et d'autant plus prévois.
Jeudi 29 août. Déjeuner à 6 h. 30. Fait un petit discours d'adieux, avec lecture de la dernière lettre de Loisy, en insistant sur la nécessité d'un travail sincère et résolument critique,