Voir J. Schnitzer, p
2. Die katholische Liieraturbewegung der Gegenwart, Ratisbonne, 1909, p. 97, 102-105.
3. Voir notamment J. Froberger, Weltanschauung und Literatur, Trêves, 1910, p. 148-150.
4. Ein Jahr katholischer Literaturbefvegung, Ratisbonne, 1910, p. 67-69, 144-145.
5. Voir A. Treu, dans Reçue moderniste internationale, 1910, t. i, p. 60-63. Dès le 18 ainil 1910, la Corrispondenza romana avait un article sur « le modernisme en littérature ». Elle récidivait l'année suivante (1911, n° 102) et dénonçait expressément le Hochland comme « un des centres du modernisme littéraire et non littéraire. » Cf. J. Schnitzer, p. 149-150.
6. Voir sa « lettre à un ami », du 26 mai 1907, traduite en français l'année suivante : Réforme sociale chrétienne et réformisme catholique, Paris, 1908.
7. Lettres à a un jeune ami », dans Monatschrift fur christ Sozialreform, décembre 1909 et juillet 1910. Tandis que le texte original était chaque fois édité en brochure (Bâle, 1909 et 1910), la première fut traduite en français dans la Liberté de Fribourg (25 décembre 1909). Les deux réunies formèrent un fascicule des Cahiers contemporains (Rome, 1910).
vie intellectuelle... Le terrain théologique s' étant dérobé sous lui, il en a cherché un autre... : celui de l'art et de la littérature. Il y a pris vigoureusement pied... Bien loin que nous en soyons aux dernières passes d'armes avec le modernisme, la bataille ne fait que commencer... Une chose certaine, c'est que le modernisme a pour but, comme son devancier [le rationalisme duxvm^ siècle] , de saper par la base tous les principes de la vie et de la civilisation catholique.
Or l'auteur, dont la thèse avait déjà recueilli l'approbation des évêques de Coire et de Genève-Lausanne \ Jie tardait pas à recevoir les éloges les plus formels de Pie X (15 septembre 1910). « Depuis longtemps, lui déclarait le pape, nous remarquions, entre les diverses formes sous lesquelles se cache et agit le modernisme, celle de la composition littéraire : roman, nouvelle ou essai critique. » Celle-ci constituait même « le plus dangereux des moyens » au service de l'erreur, « parce que le mieux déguisé et le plus facile à répandre. » En conséquence, l'auteur était félicité pour sa courageuse et bienfaisante initiative ^. Munies de cet auguste patronage, les deux lettres de G. Decurtins furent publiées en France ^ et glosées par un grand article de la Civiltà cattolica^, en attendant d'être* traduites en italien (Rome, 1911), avec une préface de circonstance, par E. Lari.
Avec ce bref pontifical, l'élargissement du modernisme semblait recevoir la consécration de l'autorité. Tant et si bien qu'un honorable théologien suisse, le D^ A. Gisler, devenait suspect à la Corrispondenza romana pour avoir défini le modernisme au sens strictement théologique de l'encyclique Pascendi, au lieu d'y voir « l'emprise de l'esprit moderne parmi les catholiques aux frais du catholicisme intégral ^. » Depuis lors, le mouvement n'a fait que se continuer et il n'est pas rare de retrouver le «modernisme», dans
1. Mandements pour le carême de 1910. Cf.R. von Kralik, Ein Jàhr kath. Literaiiarbevoegung, p. 187, 203-205.
2. Texte dans A. Vermeersch, p. 87-89; trad. fr. dans A. Houtin, p. 309-311.
3. Questions actuelles, 1*' et 8 octobre 1910, t. cvm, p. 244-254, 271-
4. Il modernismo letterario, 15 octobre 1910, t. xv, p. 129-145.
5. Sur cet incident, voir Neue Jahrhundert, 1912, t. iv, p. 583-584.
les documents émanés du Saint-Siège, pomme une sorte de type général pour désigner diverses erreurs, anciennes ou nouvelles, fort éloignées, en tout cas, de sa première acception ^.
En même temps qu'il se développait ainsi en étendue, le modernisme se creusait en profondeur. Dans les derniers mois de 1908, l'organe éphémère du modernisme romain, Noca et~ vetera, distinguait asse? exactement les effectifs de la secte en « modernistes » et « semi-modernistes » ^. On imagine sans peine que les zelanti ne devaient pas laisser perdre les ressources que leur offrait ce succédané aux formes ondoyantes et, par conséquent, d'autant plus favorables à l'exercice de leur vigilance toujours en éveU.
Le modernisme, ce monstre aux sept têtes et aux dix cornes, a enfanté le semi-modernisme, plus répandu, plus rusé et plus pernicieux que son père, à tel point qu'il s'est infiltré et qu'il a pris pied là où, il y a peu d'années, personne nlaurait jamais . imaginé qu'il pût le faire ^.
Et le polémiste français qui la recueillit d'ajouter en son propre nom combien cette expression lui paraissait heureuse
pour • désigner l'état d'esprit malheureusement si commun aujourd'hui, même dans une partie du clergé, de ceux qui, tout en repoussant dans sa forme complète et brutale le modernisme doctrinal ou réformateur, persistent, tantôt par un langage ouvert, plus souvent encore par des cheminements cachés, à faire céder les principes et les droits du catholicisme aux intérêts de cette complète réconciliation de l'ÉgUse avec le siècle... dont l'hérésie moderniste n'est que l'audacieuse systématisation *.
1. C'est ainsi que, pour flétrir la crise actuelle des idée§ en matière de morale, soit privée, soit publique, Pie XI a parlé de genus quoddam modernismi moralis, jwidici ac socialis. Encyclique Ubi arcano Dei (23 décembre 1922), dans Acta Apost. Sedis, 1922, t. xiv, p. 696, commentée par Y. de la Brière, dans Études, 1923, t. clxxiv, p. 363- 365. Tout récemment encore, le pape condamnait dans l'Action Française « une particulière espèce de modernisme politique, doctrinaire et pratique. » Lettre au cardinal Andrieu, en date du 5 janvier 1927. On ne confondra pas pour autant cette survivance purement littéraire, que corrigent, au demeurant, de significatives nuances, avec les extensions abusives commises par les polémistes de jadis.