‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 39 sur 451 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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4. Ch. Maignen, Nouveau catholicisme et nouveau clergé, p. 77. Nous citons l'édition k revue et augmentée » de 1902; mais l'ouvrage avait déjà paru l'année précédente.

P. Hecker : « ... Poussée vigoureuse et singulièrement hardie dans le sens du (r modernisme » entendu à l'américaine ■^. » « Modernisme » est donc ici un simple synonyme de « modernité » et les guillemets qui, dans le texte, encadrent les deux termes attestent qu'ils passaient encore, l'un aussi bien que l'autre, pour des néologismes ,: le pont que l'étymologie laissait prévoir .entre les deux n'en est pas moins jeté. Par analogie avec le cas du libéralisme politique, et sans doute par réminiscence du vocabulaire appliqué d'abord à celui-ci, le libéralisme religieux devenait à son tour du «modernisme » aux yeux des catholiques alarmés qui croyaient en découvrir les premières attestations.

Ces exemples suffisent à montrer que la transition s'est faite de bonne heure, chez les adversaires des idées et méthodes « modernes », de l'adjectif au substantif qui devait en fournir l'expression globabe en leur donnant une apparence de système. Et qui voudrait garantir que d'un développement aussi logique la littérature de l'époque ne révélerait pas d'autres spécimens?

Il est vrai qu'entre le sens que ces divers auteurs donnent au « modernisme » et celui que nous lui donnons maintenant, il serait assez facile de démêler quelques différences; mais les ressemblances, à n'en pas douter, sont bien plus grandes encore. Un genre est dès lors créé, dont la doctrine condamnée par l'Église ne sera plus qu'une espèce. Néanmoins, . à supposer que cette désignation occasionnelle ne soit pas restée complètement inaperçue, on peut croire que l'état de l'opinion en France la rendait prématurée. Toujours est-il qu'elle ne devait reprendre et se généraliser que plus tard.

En effet, lorsque surgit la grande controverse des années suivantes, les polémistes français qui éprouvaient le besoin d avoir sous la main un terme générique se raccrochèrent tout d'abord à « loisysnae » et à « loisystes » ^. Terminologie qui avait le double inconvénient d'une allure personnelle

1. Ami du clergé, 13 octobre 1898, t. xx, p. 914-915. 2.^ On a même parlé, en latin, de schola Loisyana. S. Schifiini, Dwinitas Scripiurarum, p. 209.

et d'une portée restreinte. « On y a renoncé surtout, estime P. Sabatier, pour éviter de donner à l'abbé Loisy l'auréole d'hérésiarque^. » Beaucoup plus justement M. Loisy luimême écrit à ce sujet : « La nécessité d'une dénomination plus générale s'est imposée, parce qu'il est devenu trop évident qu'on ne se trouvait pas en présence d'une école ayant un chef reconnu, mais d'un mouvement très étendu et très varié 2. »

C'est alors, sans qu'on puisse dire exactement sous quelle impulsion, que le « modernisme » et ses succédanés firent irruption dans notre presse religieuse. Dom Besse, dans la Gazette de France du 12 février 1906, le tient encore pour un vocable italien; mais il le juge « fort bien trouvé » et le fait sien pour ce motif ^. Ce qui ne veut d'ailleurs pas dire que les premiers qui l'employèrent Soient nécessairement tous allés le prendre en Italie. Rien n'est plus vraisemblable, en pareilles circonstances, qu'une génération spontanée- dans des milieux différents.

Aussi ne sera-t-il sans doute jamais possible de savoir à qui appartient proprement la paternité de ce terme. En tout cas, les qualités polémiques et littéraires qu'il présente suffisent à en expliquer le rapide succès, dont son adoption postérieure par l'autorité ecclésiastique n'est pas la cause, mais bien plutôt le résultat. De ce nouveau développement c'est Pie X qui fut l'auteur.

Fruit de l'initiative privée, le terme «. modernisme » n^allait, en effet, pas tarder à devenir officiel. Il reste à parcourir les dernières phases de sa carrière, au bout de laquelle il est venu enrichir les catégories du magistère doctrinal.

•Dans un rapport adressé au cardinal Merry del Val, le 11 octobre 1906, Mgr Montagnini, qui maintenait à Paris les services d'une nonciature officiellement supprimée,

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