Ami du clergé, 26 septembre 1907, t. xxix, p
table du fond qui rendait alors plus saillante l'absence du mot qui aurait pu ou dû paraître le plus propre à le qualifier.
Ce terme, que le Saint-Office avait évité en juillet, était adopté par la secrétairerie d'État dès le commencement de septembre. En effet, à la date du 3, soit quelques jours avant la publication d,e l'encyclique, une lettre secrète du cardinal Merry, del Val à Léon Harmel décernait un blâme à la Vie catholique de P. Dabry : ce journal y était dénoncé comme « fauteur explicite du modernisme condamné par le Saint-Siège » ^. Sur quoi il n'y a pas lieu d'insinuer, comme l'a fait A. Houtin, que « le cardinal secrétaire d'État anticipait légèrement sur les événements ^, » ni de s'échauffer, comme devait le faire après son apostasie le destinataire de la semonce, sur Qctte « accusation de modernisme » avant la lettre '. Car il n'est pas douteux que les documents antérieurs du Saint-Siège ne fussent déjà la condamnation du « modernisme » *, bien que le mot n'y fût encore pas.
Un petit détail contemporain en serait la preuve, si celle-ci n'était parfaitement superflue. Il y avait alors plus de trois mois que chacun avait pu lire, dans la presse religieuse, une dépêche Havas ainsi conçue : « Dans une brochure anonyme intitulée : A Pie X, un groupe de prêtres reproche au pape sa condamnation du modernisme ^. » Que cette formule soit des auteurs eux-mêmes ou seulement de l'agence qui transmettait l'information, elle prouve que personne ne se méprenait sur la portée réelle des actes pontificaux promulgués auparavant.
Moins de huit jours après la lettre du secrétaire d'État, le « modernisme » allait d'ailleurs être inscrit au frontispice de l'encyclique Pascendi (8 septembre 1907). Celle-ci, en effet, est officiellement intitulée : De modernistarum doctrinisi Et le pape d'expliquer, dès son introduction, que, pour dénommer les novateurs dont il veut exposer et condamner