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dans plus d'un grand séminaire, ont inené contré le modernisme la seule bataille qui soit définitive, en travaillant à le rendre impossible. Aux problèmes qui se posaient sur de multiples terrains, ils ont cherché des réponses qui ne fussent pas de simples fins de non-recevoir. Aux justes exigence's d'esprits façonnés, faussés parfois, par des disciplines nouvelles, ils ont essayé de donner satisfaction... Dans tous les travaux entrepris pour la défense de l'Eglise, ils ont voulu apporter tant de loyauté, tant de consciencieux savoir, que les douaniers de la science fussent obligés de lever la consigne du silence et du mépris qu'ils faisaient lourdement peser sur le produit catholique.
Des résultats notables ont été obtenues dans cette voie ^.
On reste étonné du nombre des ouvriers et de la qualité des travaux. Les critiques étrangers, catholiques et non catholiques, s'en déclarent hautement 4es débiteurs.
Mais cette tâche doit évidemment être continuée et telle est, à n'en pas douter-, la pensée de l'Église autant que son besoin le plus actuel.
Non, la vraie solution de l'encyclique Pascendi n'est pas l'inertie intellectuelle par crainte du modernisme : c'est le travail, un travail mieux contrôlé, plus méthodique, mais intense et opiniâtre, pour aller jusqu'aux fondements du naodernisme et lès ruiner. C'est ce travail qui est couvert par l'auguste autorité du Pontife romain^.
Il faut laisser a«x historiens de l'avenir le soin de dire ce que sont devenues ces espérances et quel compte fut tenu de ces avertissements. L'observation du passé nous autorise du moins à conclure que ces lignes iréniques expriment bien, avec la conaplexité de la crise naoderniste, ce que tous les défenseurs de l'Église devraient en retenir. En rappelant les exigences^ de la foi contre le modernisme, le magistère ecclésiastique est resté dans son rôle ; aux philosophes, historiens et théologiens, si, non contents de- réfuter l'erreur moderniste, ils ont souci d'en prévenir le rétour, il appar-
1. Pour la preuve détaillée, voir le mémoire sur (c les hautes études religieuses » publié par "L. de Grandmaison dans le volume -collectif : La vie catholique dans la France contemporaine, p. 243-304.
2. Déclaration coUective des Eludes, 5 janvier 1914, t. cxxxvin, p. 17-20. -
tient de ne pas faillir au leur ^, c'est-à-dire d'aborder en face les problènaes qui se posent. et, de montrer que la critique religieuse n'a rien, ni dans ses méthodes, ni dans ses conclusions légitimes, dont la foi catholique bien comprise ait à s'offusquer ou à souffrir.
C'est un fait, d'aucuns diraient volontiers une loi, que l'expérience d'une génération ne profite guère aux autres. Sera-t-il excessif d'estimer,»' à la fin de cette douloureuse et confuse histoire, que les ravages du modernisme seraient atténués dans une large mesure si du moins chacjun devait en réaliser les leçons?
1. «. On nous a payés d'ariathèmes et d'injures plus que de bonnes raisons. » A. Loisy, dans Reflue Whist, et de litt. relig.,, 1920, nouv. sér., t. VI, p. 585. Formule de tous points injuste; mais tous les croyants ont intérêt à ce qu'elle ne puisse avoir ne fût-ce qu'une apparence de vérité.