‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 83 sur 451 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Volontiers l'imagination de certains polémistes s'est représenté l'origine du modernisme comme le résultat d'un complot ourdi contre l'Église par ses ennemis. « Quelques protestants auraient élaboré un véritable programme d'infiltration dans les milieux catholiques » et l'on a même parlé d' « une revue autrichienne » où « ce plan machiavélique ■» serait exposé par le principal de ses auteurs ^. Au lieu de cette « conjuration anticatholique » aux traits romanesques, il n'est pas douteux que la crise moderniste ne soit due à un mouvement catholique dévié. .

Il ne faut pas davantage voir dans cette déviation le fruit d'un effort systématique. On peut accorder à M. Loisy qu'il n'y eut pas « une école ayant un chef reconnu..., un groupe homogène et lié -. » Si l'encyclique a parlé de modernistarum schola, c'est pour caractériser une tendance et " non pour désigner un groupement. Reprenant le mot célèbre de Taine, L. de Grandmaison a pu écrire du modernisme naissant qu'il était un « mouvement confus, sorte d' « anarchie spontanée », se manifestant sur plusieurs points à la fois, sans entente préalable, par des phénomènes similaires. »

Cependant il ne saurait y avoir d'effet sans cause. Aussi le même témoin de continuer : « L'entente se faisait d'elle-mênie par l'adoption des mêmes méthodes, par la maîtrise acceptée des mêmes auteurs, sous l'action de principes directeurs

1. A. Houtin, qui a recueilli ce renseignement d'après le Petit démocrate de Limoges, 17 décembre 1911, a pris la peine d'établir (p. 419-

4j^ 422) combien il est historiquement gratuit.

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