Le moine bénédictin
Nous ne sommes plus au temps où les Moines provoquaient le sourire moqueur du poltairien. Notre siècle s'est épris d'une çii>e admiration pour le moj'en âge, ses lettres, ses arts, ses institutions. Or, cette période de l'histoire rend un perpétuel hommage aux enfants de saint Benoît. Ils y apparaissent, convertissant et instruisant les peuples, déjrichant le sol, cultivant les lettres et les arts. L'historien, quelles que soient ses opinions religieuses, est obligé de saluer dans les Bénédictins les civilisateurs de V Europe occidentale.
Les monuments de leur grandeur passée, églises, monastères, couvrent encore le sol de la France. Combien de villes et de villages les conservent avec une légitime fierté! Leurs habitants apprennent, en les admirant, à vénérer le nom des moines qui les ont élevés. ^
Mais ces Bénédictins, qui ont tant fait pour l'Eglise et pour l'Europe dans les siècles passés, où sont-ils ? que Jont-ils aujourd'hui ? Quels services en peut attendre la société moderne ?
Les catholiques ne l'ignorent pas. Les travaux de Dam
Guéranger, du Cardinal Pitra et de leurs disciples, pour ne parler que des Français, leur ont rendu cher le nom de Bénédictin, Mais combien parmi eux se font une idée juste de la vie que mènent les enjants de saint Benoît et de leur rôle au milieu de leurs contemporains ?
L'ouvrage que nous présentons au public a pour but de leur dire ce quest la vie monastique, d'après la Règle de saint Benoît, et quelles sont les occupations journalières du moine, V esprit qui V anime, le milieu dans lequel il passe sa vie, les secours qu'il y trouve et les services qu'il est à même de rendre aux hommes sesjrères.
Une première édition du Moine Bénédictin, parue il j^ a quelques années, trouva bon accueil devant le public. Cet ouvrage a été depuis lors Jréquemment demandé. Il arrive enfin. Puisse-t-il provoquer chez ses lecteurs quelque sjympathie pour lajamille bénédictine et augmenter le nombre de ceux qui, à Vexemple du Cardinal Pie, se font un honneur d' accorder aux moines une place dans leur estime et leur affection : Elsi non monachus, monachorum tamen amicissimus.
Abbaye Saint-Martin de Ligugé, en la Jête de saint Laurent, le 10 août i8g8.
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