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CHAPITRE DEUXIEME

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bien des moines en nombre immense, il y en avait eu de saints et d'illustres; mais, à vrai dire, Tordre monastique n'existait pas encore i.

Saint Benoît ne fut donc pas le fondateur d'un ordre nouveau. Ses disciples restaient membres de la grande famille des moines. La distribution des religieux en ordres divers, basée sur la différence des règles suivies, ne s'est faite que bien plu? tard. Dans ces conditions un changement pouvait s'accomplir sans graiule diflicullé. Un moine, en changeant d'observance, n'avait pas à renouveler ses engagements. Un abbé, qui trouvait une règle supérieure à celle de son monastère, l'acceptait tout simplement; ou encore, ce qui arrivait fréquemment, il laissait subsister celle de son abbaye, mais en prenant dans la nouvelle tout ce qui lui semblait utile.

La règle de saint Benoit, si on la compare aux règles observées jusque là, est

1. DoM PiTRA, Hist. de S. Léger, Introduction. LUI .— Monta- LKMBBRT, Lcs moincs d'occident. T. I. p. 295-297, Passim.

d'une supériorité incontestable. Elle propose une organisation complète de la vie monastique, pleine de discrétion et de sagesse, tandis que les législateurs, ses devanciers, se bornent à des règlements , qui ne pourraient être appliqués en tons lieux. Aussitôt connue, et elle le fut rapidement, l'œuvre du saint Patriarche excita l'admiration universelle; un grand nombre de monastères l'adoptèrent avec une prépondérance plus ou moins grande ; peu à peu elle finit par éclipser les règles antérieures et par les faire tomber dans l'oubli.

Sa grande souplesse lui permet de s'adapter aux besoins de tous les siècles et de toutes les nations; elle peut accepter une foule d'usages, qui, sans altérer son essence, donnent aux monastères une physionomie originale. Cette facilité lui a été d'un grand secours. Ainsi, au VII- siècle, la jègle de saint Colomban, qui, en France du moins, semblait devoir l'effacer, se fondit avec elle et lui devint un puissant moyen d'extension.

LE MOIXE BENEDICTIN

Saint Benoît donna à son œuvre un gage sérieux de durée et de fécondité. Avant lui, le moine appartenait à l'ordre monastique, sans être lié à un monastère; il pouvait à son gré changer de maison, de supérieur et de règle. Saint Benoît a foit de son monastère une famille: il a fixé son moine au foyer domestique par lui lien qu'il ne saurait briser de lui-même. Le vœu de stabilité, en donnant au bénédictin une famille surnaturelle, le met à l'abri des assauts de l'inconstance humaine et coupe court aux scandales que donnaient au monde les moines gyrovagues ou vagabonds.

Le \lh siècle fut l'âge d'or de la règle bénédictine. Il vit une magnifique éclosion de monastères, d'où s'envolèrent vers les cieux des armées de saints. Malheureusement la décadence n'était pas loin. Les ruines, qui s'accumulèrent partout , détruisirent bien des asiles monastiques; ceux qui ne succombèrent pas matériellement se trouvaient dans une situation lamentable. Les séculiers enva-

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