CHAPITRE TROISIEME
reçurent le nom d'ordres de ^-allombreuse et de Camaldoli. Elles ont fourni au ciel de grands saints, à l'Église de vaillants serviteurs. Leurs annales ne sont pas la page la moins glorieuse de l'histoire monastique.
Saint Bruno et saint Etienne de Muret firent en France une chose analogue par la fondation de la Chartreuse et de Grammont. L'ordre des Chartreux conserve toutes les traditions monastiques, et comme les Camaldules, il y joint la vie érémitique, mais pour tous ses membres.
Le Xlle siècle vit naître en France une nouvelle famille bénédictine. Dieu, par les mains de saint Robert de Molesmes, plaça son berceau à Citeaux. Ses débuts furent pénibles. Mais, quand le Seigneur lui eut donné saint Bernard, l'ordre cistercien poussa ^ des rejetons très nombreux, en France d'abord, puis eu Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Portugal. L'organisation des monastères de Cluny ne pouvait, convenir aux Cisterciens. Ils élaborèrent la
Charte de charité, qui régit les rapports mutuels de leurs abbayes. C'est un acheminement vers la centralisation des congrégations modernes.
La vigueur chrétienne des hommes d'alors ne pouvait se contenter des observances des moines noirs: à ces corps de fer il fallait des austérités extraordinaires, une disciphne un peu dure. Citeaux la leur offrit. Il s'attacha à la lettre de la sainte Règle . il l'exagéra même. Pour s'en tenir à la lettre matérielle du saint Patriarche, il s'éloigna souvent de son esprit. Nous ne pouvons admirer dans saint Bernard le, type du véritable enfant de saint Benoit ni voir dans Citeaux l'idéal de la vie bénédictine. Cependant la vie monastique y fut pratiquée avec une ferveur admirable , l'esprit de Dieu sut y trouver une foule d'àmes pures et dociles (ju'il éleva sur les sommets de la vie unilive. Les moines blancs donnèrent encore à l'Épouse du Christ des serviteurs éclairés et intrépides.
LE MOINE liENEDlCTIN
if'
Les deux siècles suivants ftirent signales par Tapparition d'autres rejetons de l'arbre bénédictin. Bornons-nous à nommer les Olivétains et les Célestins.
Déjà l'ordre de saint Benoît avait perdu de son Influence prodigieuse. Cltcaux était arrivé au temps de son apogée. Depuis longtemps les enfants de saint Benoît avaient vu sortir de leurs rangs ou naître et grandir à leurs côtés les communautés de clercs ou de chanoines réguliers. Ces familles religieuses n'avaient pas entamé leur préjiondérance. Il n'en fut pas ainsi au XIII^ siècle, lorsque Dieu fit surgir les ordres mendiants.