CHAPITRE QUATRIEME
dies. Comment dès lors n'auraienl-ils pas vu s'effacer le prestige qui entourait leurs retraites et leur nom?
De plus l'hérésie, se glissait dans les masses ; l'amour des plaisirs et le luxe d'une civilisation progressante appesantissaient le cœur des riches. Il devenait nécessaire que le religieux, cherchant avant tout à être apôtre, fût le plus libre possible, qu'il ne fût pas fixé à un coin de terre. Il pourrait alors voler plus facilement partout où l'appellerait l'Église, s'attacher aux pas de l'erreur et la poursuivre sans pitié. Ne possédant rien ici-bas, il échapperait plus aisément aux colères que son zèle ne manquerait pas de provoquer contre lui. La pauvreté dont il ferait sa livrée frapperait les yeux et réchaufferait le cœur d'un peuple moins accessible au simple langage de la foi. Pour répondre à ce besoin, Dieu suscita saint François et saint Dominique. Leurs prières, leurs exemples et leurs prédications procurèrent à l'Église deux armées de ces apôtres nouveaux, les frères Mineurs
et les frères Prêcheurs. Ils conservèrent à leurs disciples les points fondamentaux de la vie monastique, mais en y ajoutant un but spécialement apostolique , des observances et une organisation particulière , pour assurer le succès de leur mission.
Les Franciscains et les Dominicains ont eu un développement magnifique à tous égards ; ils se sont en peu de temps répandus sur toute la chrétienté. Ils ont donné au ciel un grand nombre de saints ; à l'Eghse , des docteurs autorisés, des apôtres innombrables. Ils ont rendu au monde les plus éminents services.
Le XYI« siècle , lui , vit paraître une nouvelle forme de vie religieuse , les clercs réguliers. Ils s'affranchirent des traditions monastiques bien plus que les ordres mendiants. Pour travailler plus librement au salut des âmes, ils renoncèrent, si Ton excepte les Théatins, à la célébration publique de l'office divin; ils revêtirent l'habit des clercs, sans rien prendre de celui des moines, comme ils
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LE MOI^'E BENEDICTIN